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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:48
Marie Lapalus, directrice des musées de Mâcon : « l’informatisation des collections est une priorité à long terme »

Marie Lapalus, directrice des musées de Mâcon depuis 1994, s’apprête à faire valoir prochainement ses droits à la retraite. Une retraite qui s’annonce déjà active puisqu’elle sera à titre bénévole à la tête du musée de Charolles. A l’occasion de ce passage de relais avec ses collaborateurs et de la création d’un espace Lamartine à Mâcon, nous avons interviewé cette professionnelle aguerrie pour qui l’informatisation des collections a toujours été au cœur des priorités et le socle d’un travail en équipe sur le long terme.

BDNC : Quel a été votre parcours et le contexte de votre prise de fonctions à Mâcon ?

Marie Lapalus : En 1983, j’ai entamé ma carrière de conservateur en Bourgogne à Tournus pendant 9 ans. Puis, après un intermède d’un an et demi à la tête du FRAC Rhône-Alpes, on m’a accordé la direction des musées de Mâcon. J’y suis arrivée le 1er octobre 1994. Concernant les collections, rien n’était alors informatisé : tout était à construire. L’organisation de l’informatisation des collections a donc été une priorité dès le premier jour de ma prise de fonctions.

J’avais envie et besoin de conditions et d’outils de travail modernes et structurés, qui nous permettent de capitaliser et de partager l’information. Je dois avouer que je rêvais – et je rêve toujours - d’un univers professionnel beaucoup plus dématérialisé que celui que nous connaissons actuellement, notamment pour la prise d’inventaire, encore très contraignante selon moi. 

Il faut resituer ces années de démarrage dans la dynamique qu’impulsaient l’association des conservateurs de Bourgogne et les financements issus des contrats de plans Etat – Région. Ce contexte a permis non seulement aux musées de s’équiper mais aussi aux directeurs d’établissement et à leurs équipes de partager leurs réflexions, de travailler ensemble tout en suivant des choix qui correspondaient à la logique de leur établissement.

Alors trésorière de l’association, j’étais extrêmement attentive aux investissements que l’informatisation représentait et à l’importance de mutualiser nos moyens, comme les compétences d’un service informatique par exemple. Nous prenions alors beaucoup exemple sur l’action de l’association des musées de la région Nord-Pas-de-Calais. Cette mutualisation devrait se poursuivre je l’espère avec le projet de portail commun des musées de Bourgogne-Franche-Comté.

BDNC : Concernant strictement Mâcon, comment avez-vous procédé pour parvenir à cette efficience ?

Marie Lapalus : J’ai dû faire le choix d’orientations pragmatiques. Par exemple, face à la masse d’informations à gérer et à la contrainte évidente et pressante du récolement, j’ai fait le choix d’un format de notice descriptive d’objet composé des informations d’identification et de statut juridique ainsi que d’une illustration par objet. Cela permet de couvrir largement le spectre de nos collections polyvalentes et d’optimiser l’utilisation de notre base de données. Et j’ai concentré mes forces sur le recrutement de professionnels dédiés. Leurs contrats ont évolué en emplois pérennes et les musées de Mâcon disposent désormais d’une équipe bien charpentée.

Il y a de cela 17 ans, j’avais recruté un collaborateur sous le titre de « régulateur de saisie informatique ». J’y voyais la polyvalence et la spécialisation de la fonction actuelle d’administrateur de la base de données, qu’occupe aujourd’hui Benoît Mahuet. C’est cette idée de personne ressource qui m’a paru fondamentale pour que l’informatisation avance et demeure cohérente. Néanmoins, les forces sont réparties et au total quatre personnes prennent part à la base de données.

BDNC : Quels sont les problématiques auxquelles vous êtes confrontée en ce moment ?

Marie Lapalus : le récolement des collections a été notre principale préoccupation depuis plusieurs années. Comme beaucoup de musées polyvalents, nous nous penchons actuellement sur le sort délicat des collections archéologiques. Délaissés depuis le milieu des années 1930, ce sont des objets mal documentés et mal marqués pour lesquels nos recherches de provenance ou nos tentatives de recoupement achoppent souvent. J’espère que les outils réglementaires (chapitre consacré aux indénombrables de la note-circulaire sur le post-récolement, note-circulaire sur les matériels d’étude) nous permettront d’aller à l’essentiel sur ces collections. Si d’autres professionnels ont rencontré les mêmes difficultés dans des conditions équivalentes, je serais heureuse de savoir quelles solutions ils ont trouvées.

Concernant l’informatisation réglementaire, la part des notices documentaires est bien plus importante que celle des notices réglementaires. Je n’ai pas voulu mettre en place un circuit de validation des données avec relecture finale ; le risque de retard des publications me semblait trop grand. Le travail est collectif et la fiabilité des informations repose sur la confiance que l’on met dans l’expertise et le soin de chaque intervenant. [Pour autant, les musées de Mâcon pourraient valider administrativement et scientifiquement une grande part de leurs notices et créer, s’ils le souhaitent, un registre d’inventaire actif issu de l’informatisation des collections. Note du BDNC]

Mon souhait est de laisser des outils concrets à mon successeur qui entrera en poste le 1er mars 2017. [A ce sujet, lire notre récent article Informatisation des collections : 6 choses à faire pour passer le relais Note du BDNC). Je suis fière des publications papier, consacrées à la peinture de nos collections (paysages, natures mortes, peintures d’histoire et de genre), aux œuvres graphiques ainsi qu’à nos sculpteurs. Ainsi, 19 cahiers d’inventaire ont conclu les campagnes d’informatisation, en parallèle à un transfert sur Joconde. Je suis aussi particulièrement heureuse de la diffusion des collections des musées de Mâcon sur le catalogue collectif national : nous avons très vite intégré ces versements dans notre logique de travail et leurs retombées ont été très positives. Grâce à cette visibilité, le musée existe d’une autre manière. Je compte bien reproduire cette organisation constructive à Charolles.

Pour découvrir les musées de Mâcon et leurs collections :

Les musées de Mâcon sur le site de leur collectivité

Les collections des musées de Mâcon sur Joconde

 

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Published by Bureau de la diffusion numérique des collections
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