Mardi 17 juillet 2012 2 17 /07 /Juil /2012 16:03

 

Désignation, dénomination, appellation, domaine, titre, fonction... autant de termes qui, selon certains dictionnaires, seraient plus ou moins synonymes. Voilà qui ne facilite pas les choses, surtout lorsque l'on se trouve contraint de rédiger la notice – informatique ou non - d'un objet.

Le feuilleton de l'été sera donc consacré à ce sujet. Les conseils qui vous seront proposés n'ont pas la prétention d'être parfaits. Toutefois, si vous vous y conformez, vous pourrez décrire de manière cohérente une grande variété d'objets. Par voie de conséquence, vous tirerez le meilleur parti de votre outil informatique.

 

Et pour commencer, cette semaine, nous parlerons de la Dénomination .

 

 

Pourquoi dénomination et pas désignation ? Selon le dictionnaire de l'Académie, « Désignation » signifie... « dénomination ». Le dictionnaire Quillet (1952) se montre un peu plus précis : « Désignation : indication d'une personne, d'une chose par ses particularités ». Si l'on se réfère à cette définition, la forme d'un objet, sa technique de fabrication, ses matériaux constitutifs, le sujet ou la représentation portée sur cet objet, sont autant de particularités qui relèvent toutes de la désignation. Or, le principe d'une démarche documentaire consiste à segmenter l'information en fonction de critères logiques : un champ = une nature d'information. On ne peut donc pas mêler dans un même champ des informations de natures différentes (forme/sujet/matériau/technique).

 

Qu'est-ce qu'une dénomination ? Toujours selon le dictionnaire Quillet, c'est l'« attribution d'un nom ». On parle ici de nom commun. La particularité d'un nom commun est d'être compréhensible par un grand nombre de personnes, et pas seulement par quelques spécialistes. A ce niveau, on reste donc relativement générique : « clé à molette », « sarbacane »... voire même au niveau des évidences : « chaise »

 

Précision formelle : on peut introduire une précision formelle. Celle-ci permet de procéder à une première classification parmi des ensembles importants d'objets : « assiette creuse », « chapeau melon », « coffre à dossier », « marionnette à tige », « tuile faîtière »...

 

Matériau : le matériau constitutif de l'objet (carafe en verre), ou sa technique de fabrication (outil monoxyle), apparaissent souvent de manière évidente lorsque l'on regarde un objet. Pourtant, on n'indiquera pas ces informations ici. Elles seront précisées dans les zones consacrées au matériau, ou à la technique :

Dénomination : carafe

Matériau : verre

 

Usage : on devrait rester extrêmement objectif dans la dénomination. On évitera donc, autant que possible, de mentionner ici ce que l'on sait de l'usage de l'objet dans un contexte particulier. Par exemple, si l'on sait qu'un broc a été utilisé par Monsieur X pour l'usage du vin, mais que cet usage n'était en rien déterminé par la forme de l'objet (lequel aurait tout aussi bien pu servir à l'usage de l'eau ou du cidre), on se contentera d'indiquer « broc » en dénomination.

L'usage ne devrait être pris en compte dans la dénomination que s'il détermine une forme spécifique d'objet, comme c'est le cas pour les « ciseaux à raisin », « corbeille à papier », « couteau à fromage », etc.

Certains objets n'ont pas nécessairement un forme particulière, mais ils portent leur destination de manière tellement évidente qu'ils seront intégrés dans la liste des dénominations. C'est, par exemple, le cas d'un faire-part de naissance, d'une carte de vœux, d'un calendrier, etc.

 

Décor porté : on n'indiquera pas en dénomination les informations concernant le décor porté sur l'objet. Un « plat à décor de lambrequins » est un plat. Son type de décor sera précisé dans le champ réservé à cet effet.

 

Ensembles : nous ne reviendrons pas sur le sujet des ensembles, qui a été traité dans un précédent article.

 

Eléments : un élément d'objet est différent d'un fragment dans la mesure où il est intègre. Une poignée, un couvercle, une perle de collier, une boucle de ceinture, un tiroir... sont des éléments.

Un élément peut avoir été créé indépendamment de l'objet auquel on le destinait à être attaché. Et donc, son matériau et sa technique peuvent différents de ceux de l'objet auquel ils appartenaient. La poignée de bronze d'une commode en marqueterie de bois, la boucle métallique d'une ceinture de cuir en sont des exemples. Mais ce n'est ps toujours le cas. Le couvercle d'une soupière ou le tiroir d'une commode sont généralement de même matériau et technique que la soupière ou que la commode.

Certains musées peuvent conserver d'importantes quantités d'éléments. Dans ce cas, deux possibilités s'offrent à vous pour une gestion informatisée. Chacune a ses avantages et ses inconvénients.

 

1°/ Vous pouvez organiser les termes hiérarchiquement :

  • pied

  •  
    • pied de commode

    • pied de lampe

    • pied de marmite

    • ...

L'avantage de ce choix réside dans la lisibilité de l'information pour la personne qui lit la notice.

L'inconvénient réside dans la nécessaire répétition des types d'éléments. Vous aurez des « poignées de... » , « pied de... », « panneau de... », « couvercle de... » , etc. disséminés sous un grand nombre d'objets (porte, commode, coffre, armoire, buffet...). Vos listes vont donc prendre très rapidement des proportions très importantes.

 

2°/ Vous pouvez entrer les éléments, en tant que tel, sous forme d'une liste alphabétique d'éléments :

  • élément

  •  
    • anse

    • boucle

    • couvercle

    • panneau

    • pied

    • poignée

    • ...

L'avantage de ce choix réside dans la facilité de gestion des listes. Un élément est entré une fois pour toute. Il peut ensuite être associé à n'importe quel type d'objet :

Dénomination : pied ; table

 

Dénomination : boucle ; ceinture

 

L'inconvénient réside dans la difficulté de compréhension de la dénomination. Il sera peut-être nécessaire d'associer un champ « Description » pour permettre de faciliter cette compréhension.

 

Fragment : cette information devrait trouver place dans la zone concernant l'état de conservation de l'objet. Compte tenu de l'état extrêmement fragmentaire de certains objets archéologiques, cette information est parfois indiquée en dénomination. Un tel usage n'est acceptable que si, compte tenu de son aspect extrêmement fragmentaire, la nature de l'objet ne saurait être déterminée .

 

Voici donc les principales informations concernant la dénomination.

 

Vous trouverez des informations complémentaires dans la méthode de description des objets. N'hésitez pas à vous y référer.

 

La semaine prochaine, nous aborderons l'appellation.

Par portail-joconde - Publié dans : Méthode
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