Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:18

rodez.jpgSophie Serra, responsable du musée Denys-Puech à Rodez, nous fait part de son expérience d'informatisation conjointe de l'inventaire et du récolement des collections, en l'absence d'inventaire réglementaire exhaustif. Désormais identifiées et documentées, les collections sont progressivement publiées sur Joconde.

 

Viala Eugène, Jardin de Sainte-Anne, aquarelle,

Rodez, musée Denys-Puech, © musée Denys-Puech

 

Comment avez-vous démarré votre projet d'informatisation et quelles en ont été les sources ?
L'informatisation des collections du musée Puech a commencé en 2006 avec l'achat d'un logiciel spécialisé dans la gestion de collections muséales. Si la collection du musée est assez petite - environ 1300 oeuvres, essentiellement sculptures, peintures et arts graphiques - il fut malgré tout indispensable d'harmoniser les différents inventaires. En effet, nous avons été confrontés à une très grande hétérogénéité des sources papier : plusieurs vieux inventaires - contradictoires - pour les collections anciennes, un registre d'inventaire incomplet et difficilement lisible revu de 1953 à 1963, un inventaire rétrospectif synthétique de 1988 dit "catalogue Bousquet", un catalogue raisonné de 1993 et les dossiers d'œuvres avec beaucoup d'informations "en vrac".
L'analyse de ces sources fut édifiante : pas d’inventaire en règle, peu d’œuvres pourvues de numéros d’inventaire "orthodoxes", pas de localisation des œuvres, beaucoup d’œuvres non inscrites à l’inventaire… L'inventaire des collections n'était ni exhaustif, ni à jour.

Quelle a été alors votre stratégie ?
Nous avons immédiatement décidé de mener de front l’inventaire et le récolement sous une forme numérique. Cela ne représentait pas un surcroît de travail énorme car chaque œuvre devait de toute façon être mesurée et bénéficier d’un constat d’état. C’était même une occasion unique de se lancer dans la numérisation en ajoutant simplement le temps de la prise de vue. S'ouvrait aussi la possibilité de faire évoluer les fiches d’objets au gré de nos découvertes et d’intégrer toutes les informations collectées petit à petit dans des dossiers anciens. Nous n’aurions jamais eu une aussi grande souplesse avec une procédure papier.
Au-delà de l’inventaire réglementaire, la constitution d'une base de données évolutive sur les collections avait plusieurs objectifs : faciliter l’accessibilité des données en interne puisque la base est partagée pour toute l’équipe du musée ; mais aussi s'ouvrir sur l'extérieur en participant aux bases de données consultables sur internet (Joconde, site Midi-Pyrénées) et en répondant aisément aux différentes demandes d’informations sur les collections émanant d’étudiants, de chercheurs et de conservateurs.

Comment votre équipe s'est-elle organisée concrètement ?
L'informatisation de l'inventaire et du récolement s'est déroulée en interne, sur plusieurs années car notre petite équipe n'a jamais compté plus de 8 personnes (nous ne sommes plus que 6 actuellement) dont 3 gardiens. Un agent supplémentaire a été récruté sur un contrat à durée déterminée et a travaillé en binôme avec un agent du musée. Trois personnes peuvent intervenir sur la base : deux agents de récolement et le conservateur.
Un agent du musée s’est chargé des prises de vues : face et revers pour les peintures, quatre angles pour sculptures, détails pour les signatures ou les éléments remarquables. Une formation au logiciel de gestion des collections a été suivie par les deux agents directement chargés de l’inventaire et moi-même. Chose indispensable : une copie de sécurité journalière est faite sur un serveur extérieur en mairie.
Il faut souligner aussi que l'équipe ne pouvait se consacrer exclusivement à l’inventaire et au récolement, ces tâches n’étant malheureusement jamais prioritaires par rapport à l’événementiel (expositions, animations…). La campagne n'a donc pas été menée en continu et a pris six ans au lieu des deux initialement prévus.

Quels ont été les principes retenus pour la saisie des données ?
L'ensemble des informations disponibles dans les sources papier a été rassemblé dans des fiches informatisées provisoires (l'objet était mentionné "non localisé" par défaut). Le récolement a été mené en parallèle, directement à partir des objets, en salle puis en réserve. Les informations du récolement étaient confrontées à celles de la fiche informatisée : soit une correspondance était trouvée et l’objet pouvait être localisé, considéré comme récolé-vu et inventorié ; soit une nouvelle fiche était constituée avec un numéro 2006.0 en attente d’identification.
Nous avons fait le choix de ne pas documenter certains champs (Indexation, conditions de création, fiches artistes…). Nous y revenons, comme prévu, une fois que l’inventaire et le récolement sont terminés, notamment pour faciliter le passage sur la base Joconde.

Avec le recul, quelles sont pour vous les clés de la réussite ?
Qu'au moins une personne se consacre exclusivement à l’informatisation. Pour ne pas perdre de temps, cette personne doit être dotée d'une formation de base en histoire de l’art (ou archéologie, ou histoire… en fonction de la nature des collections) et connaître les règles de l’inventaire. A mon sens, il n'est pas nécessaire de connaitre bien le logiciel ; la prise en main peut être rapide et accessible à tous.

Quelle est maintenant l'utilisation de votre base de données ?
Après nous avoir permis de mener à bien le récolement, la base offre à l'équipe un accès partagé quotidien : tous les postes sont équipés mais seuls les trois contributeurs peuvent modifier les fiches. Cela facilite l’accès à la connaissance des collections par toute l’équipe, y compris les agents qui ne travaillent pas directement sur les œuvres. Nous avons mis au point un modèle de fiche pour la diffusion des informations aux étudiants, chercheurs, conservateurs… Cela a été long mais fonctionne désormais très bien : cinq agents sur six s'en servent régulièrement.
Un travail de vérification de la base de données et de mise en cohérence avec les dossiers d'œuvres est également mené, notamment pour compléter les données juridiques manquantes. Cela nous permettra d'éditer le procès-verbal de récolement et d'assurer l’édition papier des registres  d’inventaire informatisés.
En plus de cela, nous publions désormais les collections de notre base de données sur Joconde. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du musée et de ses collections puisque le musée ne bénéficie pas de son propre site Internet.

Quels sont les partis retenus pour publier vos collections récolées sur Joconde ?
Le récolement et l’inventaire ont été considérés comme prioritaires. Des « tests de publication » ont cependant été réalisés dans le courant 2012 alors que le récolement n’était pas encore terminé. La publication devrait s’accélérer en 2013 puisque les opérations d'inventaire et de récolement sont terminées. Au vu de la petite dimension de l’équipe (5 ETP), les contraintes liées à l’organisation des expositions ont bien entendu ralenti encore la publication.
Nous possédons une stratégie indicative de publication : celle du reversement en fonction du type de collections et des auteurs que nous souhaitons mettre en exergue. [Le musée Denys-Puech a ainsi d'ores et déjà publié les fonds de peintures et d'arts graphiques des artistes Maurice Bompard et Eugène Viala. Note du bureau de la diffusion numérique].

Quelles contraintes avez-vous rencontrées ? Comment les avez-vous surmontées ?
Le test d’export de notices a fait apparaître la nécessité de renseigner le champ crédit photos, il a donc été nécessaire de renseigner le nom du photographe privé sur certaines notices. Cela a été réalisé par une opération de modification par lot, procédure classique du logiciel qui a été effectuée sans soucis. Le délai entre l’export des notices et leur publication sur Joconde peut apparaître également comme une contrainte dans l’organisation du suivi du travail de diffusion. [Ce délai est imputable à la lourde charge de travail des deux responsables de la mise en ligne des collections sur la base Joconde. Note du bureau de la diffusion numérique des collections]

Qu'est-ce que vous a apporté cette publication ?
Nous avons déjà des demandes de prêts pour des expositions liées à la publication sur Joconde. Certaines des œuvres prêtées ont pu bénéficier de restaurations. N’ayant jamais été publiées, elles n’étaient pas connues et n’auraient sans doute pas été demandées si elles n’avaient pas été présentes sur Joconde.

Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Les musées nous parlent
commenter cet article
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 09:05

sga.jpgLa mention "Mort pour la France" est accordée, suivant certaines conditions, en vertu des articles L488 à L492bis du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre. Ce fut le cas pour de nombreux écrivains ou artistes morts lors de la Première guerre mondiale.
Le site Mémoire des hommes est une manne d'informations sur le sujet.

 

 

 

Concernant le droit d'auteur, les artistes morts pour la France constituent une exception concernant la durée du droit patrimonial. Comme l'explique la fiche Droits liés à la diffusion, la publication et l'exposition d'images en ligne sur l'espace professionnel du site Joconde, la loi prévoit toujours pour les artistes morts pour la France une protection de 100 ans après leur décès. La durée habituelle de 70 ans est ainsi allongée de 30 années supplémentaires, en raison de la mort prématurée de ces auteurs.
Ainsi les droits de Guillaume Apollinaire, mort "pour la France" en 1918 perdureront jusqu'au 31 décembre 2018.

Sur Joconde, les notices des œuvres d'artistes tels que Henri Delarozière ou Pierre Delaunay sont en conséquence non illustrées (les images seront ajoutées dans quelques années). La mention "mort pour la France" apparaît dans la rubrique Précisions sur l'auteur, après les dates et lieux de naissance et de mort. Nous vous conseillons de faire de même dans vos bases de données.

Mais encore faut-il pouvoir vérifier cette information et connaître la date de décès d'un artiste afin de calculer à quelle date ses œuvres deviendront libres de droits…

Nous avons repéré un site très utile pour les artistes morts pour la France durant la Première guerre mondiale : la base de données "Morts pour la France de la guerre de 1914-1918" du site Mémoire des hommes, mis en ligne par le secrétariat général pour l'administration du ministère de la Défense.
"Plus de 1,3 million de militaires décédés au cours de la Grande Guerre et ayant obtenu la mention "Mort pour la France" figurent sur cette base de données. Celle-ci a été constituée par la numérisation et l’indexation des fiches élaborées au lendemain de la Première Guerre mondiale par l’administration des anciens combattants et aujourd’hui conservées par la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du ministère de la Défense."

appolinaireLe formulaire de recherche vous permettra de saisir un ou plusieurs critères (nom, prénom de personne, lieu ou date de naissance, lieu de sépulture) et d'accéder à l'image numérique de la fiche donnant entre autres la date de décès de la personne. La fiche est imprimable et il est possible de récupérer son lien hypertexte.

 

 

Ci-contre, la fiche de Guillaume KOSTROWITZKY dit APPOLINAIRE, mort pour la France le 9 novembre 1918.

Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Un site à visiter
commenter cet article
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 09:33

nga.jpg

 

La National Gallery of Art de Washington a été l'un des premiers musées à se doter d'un site Internet. Bien plus, elle proposait d'emblée un accès non seulement à ses chefs-d'œuvre, mais plus largement à l'ensemble de ses collections. Aujourd'hui, la NGA nous propose un site entièrement revu.


 

 

Alors que, au fil des ans, les sites Internet de musées tendaient à une surenchère d'informations et de couleurs, la NGA était jusqu'à présent restée fidèle à son image originelle : un graphisme discret, voire minimaliste (fonds blancs), entièrement mis au service des collections, et qui évoquait la pérennité. Un tel parti-pris n'allait pas de soi. Il allait même à contre-courant des tendances les plus répandues sur ce vecteur qui sacrifie à la rapidité et au changement. Dans le même temps, on assistait sur la plupart des sites de garnds musées à un développement considérable d'une offre toujours plus foisonnante et à une mise en lumière croissante de l'événementiel, parfois aux dépens des collections permanentes.


Bien que plus coloré, le nouveau site de la NGA affirme de nouveau cette volonté d'intemporalité. Ceci constitue la preuve que la NGA ne s'est pas assoupie, mais qu'elle adopte ostensiblement cette démarche absolument originale. C'est aussi une manière d'affirmer que les collections de cet établissement sont assez exceptionnelles pour qu'il soit inutile d'ajouter autour diverses publicités plus ou moins intempestives. Ici, ce sont bien les collections qui arrivent en première position, dans la barre de navigation. Belle façon de nous rappeler que les collections constituent le cœur et la raison d'être d'un musée !

 

Gâce à cette sobriété, la navigation s'avère évidente. L'offre est riche, conforme à ce que le public peut attendre d'une grand musée aujourd'hui. On retrouve bien ces parcours et expositions virtuels autour des collections que la NGA a été l'une des premières à développer.

 

Dans la barre de navigation située au bas de l'écran, une entrée "NGA images". Cette entrée prouve que la National Gallery continue de se positionner à l'avant-garde des musées. Elle permet en effet d'accéder au fonds d'images numériques libres de droits. La NGA autorise, depuis plusieurs mois déjà, l'utilisation de ces images en haute définition, gratuitement et pour tous usages. Une véritable révolution !

 

 

 


Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Un site à visiter
commenter cet article
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 09:04

logoLe service des musées de France invite les professionnels des patrimoines à participer à une nouvelle journée de réflexion et d'échanges autour de l'informatisation des collections, le vendredi 7 juin 2013, en l'auditorium de la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris.

En 2012, la journée intitulée « Informatisation, numérisation et mise en ligne des collections des musées de France » avait, après un bilan de la situation actuelle, approfondi les processus liés au cycle de vie de l'objet, de l'inventaire à la mise en ligne des collections. Des pistes de réflexion avaient été lancées sur les bénéfices avérés et potentiels de l'utilisation des bases de données par des publics diversifiés.

Dans la continuité de cet événement, nous vous invitons cette année à participer à de nouveaux échanges sur les thèmes du travail en réseau, de la réutilisation et de la contribution.

A l'heure du numérique, le travail en réseau, que ce soit aux plans local, régional, national ou international, est devenu fondamental. Il questionne toutefois les professionnels des musées : quelles méthodes de travail, quelle articulation entre les différents sites, quelle visibilité ?

En quelques années, le web a évolué. L'internaute n'est plus uniquement consommateur d'informations, il est devenu acteur et veut donc échanger, réutiliser et contribuer. Ce phénomène gagne le secteur patrimonial. La question du partage des données autour des collections va rapidement se trouver au cœur des pratiques de l'ensemble des musées. A la lumière d'exemples et de retours d'expériences, les participants pourront débattre de ces enjeux et des avantages qu'ils pourraient tirer de cette évolution récente.

 

Venez nombreux et inscrivez-vous sans attendre grâce aux documents ci-dessous.

 

Inscription (format texte) (format pdf)

Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Information
commenter cet article
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 14:00

lien.jpgFaites comme le musée de Soissons ou le musée Alfred-Danicourt à Péronne sur leurs sites : créez un lien pointant précisément vers les notices reversées sur Joconde par votre musée. Ce n'est pas très compliqué et ainsi, les collections et les données du musée gagnent immédiatement en visibilité.

 

 

 

Pourquoi le faire ?

- simplifier l'accès aux notices du musée publiées sur Joconde : le lien est direct et évite de passer par l'accès géographique ou le formulaire de recherche avancée du catalogue (à noter que ce dernier reste accessible pour affiner sa recherche dans un second temps) ;

- valoriser les collections du musée en l'absence de base de données ou de présentation approfondie des collections sur le site du musée ou de sa collectivité territoriale ;

- assurer la continuité de la publication des collections : pas de ressaisie, pas de double publication, une fois mis en place, le lien pointe en permanence, et sans travail supplémentaire, vers les corpus actualisés du musée au fur et à mesure de ses reversements sur Joconde ;

- générer du "trafic" sur le site du musée et sur les notices publiées sur Joconde par votre musée.


Comment faire ?

- un seul pré-requis : avoir publié des notices sur Joconde !

- identifier avec toutes les personnes responsables la page et la rubrique où prendra place le lien ;

- décider ce que le lien proposera : un accès généraliste ou un accès ciblé sur un ou plusieurs types de collections (archéologie, peinture, céramique, etc.) ;

- créer le lien en utilisant notre tutoriel en ligne sur l'espace professionnel du site Joconde ;

- personnalisez sur votre site le contexte de ce lien comme bon vous semble, avec un texte de présentation par exemple ;

- assurez la promotion de cette publication : les élus et la presse locale notamment devraient être intéressés.


Et c'est tout !
Maintenant, à vous de jouer !

Si vous créez un tel lien sur votre site, informez-nous et nous relayerons l'information dans notre rubrique "musées en ligne".

Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Méthode
commenter cet article
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 16:09

portail-centenaire.jpg 

 

 

En lien avec la mise en ligne du remarquable portail internet du Centenaire de la Grande Guerre, voici quelques informations sur l'informatisation des collections relevant de cette commémoration.

 

 

 

Tout d'abord, nous vous invitons à découvrir ce nouveau site créé par la mission du centenaire de la Première Guerre mondiale. "L'objectif du portail centenaire.org est d'offrir aux internautes des ressources à la fois pratiques et historiques dans le cadre d'un événement mémoriel majeur. Il s'adresse à tous les publics, du passionné des enjeux de mémoires au spécialiste de 14-18 en passant par l'enseignant et l'amateur d'histoire. La structure de centenaire.org sera régulièrement mise à jour tout au long de l'année 2013 et proposera de nouveaux outils. Dès 2014, le portail sera en ordre de marche pour devenir le support numérique du centenaire de la Première Guerre mondiale."

Ce portail valorise particulièrement, et c'est normal, les fonds d'archives.
Concernant les collections muséales sur la guerre de 14-18, les musées de France peuvent reverser leurs notices dans Joconde dès à présent. 13 musées ont d'ailleurs déjà commencé et plus de mille œuvres de toute nature sont accessibles dans Joconde et moissonnées par le moteur Collections.

Afin de retrouver toutes les œuvres concernées, de façon homogène, sur la base du musée ou sur Joconde, nous vous recommandons d'indiquer, quel que soit le type de l'objet, la mention "Guerre de 14-18" dans la rubrique sujet représenté.

Parmi les œuvres conservées, diffusables et diffusées, figurent en grand nombre les cartes postales. Ces dernières se révèlent une source documentaire inégalable sur la période : vie dans les zones armées ou à l'arrière, histoire sociale et politique (propagande, censure…), images des ruines avant leur reconstruction…


GMbis.jpg

Consultez la notice Joconde de cette carte postale.

 

Voici quelques préconisations spécifiques aux cartes postales :
- accorder autant d'importance au verso (face d'ordinaire réservée à la correspondance, parfois non utilisée) qu'au recto (illustration, soutenue ou non par une légende). En effet, lors d'une campagne de numérisation, prévoir aussi celle du verso permettra de conserver des informations précieuses sur l'éditeur, le photographe et l'imprimeur, et ceci même en l'absence d'un texte manuscrit. De plus, l'emplacement du timbre comme la répartition texte / adresse ou le cachet de la poste sont des éléments de datation. Et enfin, la numérisation du texte permet éventuellement de passer outre sa retranscription. On pourra aussi appréhender un éventuel décalage entre le message et l'iconographie, en savoir plus sur la date de la rédaction, etc.


- veiller au droit d'auteur de la photographie ou de l'illustration reproduite : c'est le photographe ou l'illustrateur qui en bénéficient. L'éditeur et l'imprimeur n'ont pas de droits d'auteur, ils ne font que reproduire. Mais parfois le photographe peut être également éditeur, voire imprimeur. Il convient, dès lors, de bien faire attention à ce cas de figure particulier. Si l'auteur (photographe ou illustrateur) n'est pas indiqué ou connu, saisir la mention "anonyme" dans la rubrique auteur. Dans ce cas, la libre diffusion de la carte postale sera possible si elle a été créée il y a au moins 70 ans. Ainsi, une carte postale anonyme, dont le cachet du timbre indique 1918/04/12 pourra être diffusée librement puisque forcément créée avant 1918. Mais, si le photographe ou l'illustrateur de la carte postale venait à être connu, les droits moral et patrimonial seraient rétablis et courraient en fonction de la date de mort avérée de l'auteur.


- veiller aux droits d'auteurs d'œuvres représentées : une carte postale dont le sujet principal est un monument aux morts, dont le ou les auteur(s) sont décédés après 1942 (à ce jour) devra faire l'objet de recherche auprès des ayants-droit pour pouvoir être diffusée librement ou non.

 

Ressources utiles :

Fonds mis en ligne sur Joconde.

Dossier de formation permanente de l'institut national du patrimoine :
La carte source et patrimoine, dossier de formation permanente 2011
Orientation bibliographique Cartes postales de la Grande Guerre issue du dossier de formation permanente 2013

Base de données de la médiathèque de la Défense : 8.000 photos et extraits de films

Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Méthode
commenter cet article
25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 09:14

chartreuse-2009Anne Labourdette, conservatrice et directrice du musée de la Chartreuse à Douai, nous a accordé un entretien dans lequel elle revient sur la valorisation du récolement décennal via Joconde et sur les projets de l'association régionale des conservateurs des musées de Nord-Pas-de-Calais en matière d'informatisation et de mise en ligne des collections.

 

 


© Musée de la Chartreuse de Douai, 2009, B Gully

 

Vous avez récemment coordonné la mise en ligne sur Joconde de l'exposition virtuelle "Découvertes dues au récolement décennal au musée de la Chartreuse" : que représente pour vous cette mise en ligne ?
Il s'agit de valoriser le récolement décennal des collections et de mettre en lumière la réalité du terrain à laquelle sont confrontés les musées. Cette opération de longue haleine, objet d'un travail souterrain, est souvent méconnue des publics ou des institutions. Pour nous, personnels scientifiques, le récolement est un chantier fondamental pour acquérir et consolider une connaissance parfaite des collections muséales qui nous sont confiées. Le défi est de mener à bien cette mission d'étude et de vérification en parallèle à toutes les autres activités du musée.
Pour le musée de la Chartreuse à Douai, publier les découvertes issues du récolement sur Joconde est allé de soi, suite à la proposition du bureau de la diffusion numérique des collections. En effet, cette exposition virtuelle répond à deux nécessités récurrentes : celle d'informer le public et celle de fournir aux élus locaux des données quantitatives et qualitatives sur les collections. De façon très légitime, les collectivités territoriales qui sont propriétaires de ces biens culturels et l'Etat, représenté par la Direction régionale des affaires culturelles qui nous apporte un grand soutien, estiment que nous leur sommes redevables de ces informations capitales : qu'avons-nous ? que n'avons-nous plus ? et pourquoi ?

En effet, vous mettez l'accent dans cette exposition virtuelle sur le grand nombre d'objets détruits ou disparus. Comment avez-vous pu documenter cette situation ?
Les collections du musée de la Chartreuse ont connu de grands bouleversements, notamment du fait des deux guerres mondiales. Il s'agit d'une réalité partagée par de nombreux musées de la région Nord-Pas-de-Calais. En outre, il faut savoir que plus de 85 % des œuvres du musée de la Chartreuse sont en réserves. Leur identification et leur étude sont difficiles. Elles n'ont pas toutes fait l'objet de restauration, même si des campagnes de récolement ont eu lieu dès les années 1980. Les opérations de récolement actuelles nous mettent face à un incessant questionnement et nous mettons tous les jours notre plan de récolement décennal à l'épreuve de cet héritage du passé.
De façon assez extraordinaire, les archives du musée de la Chartreuse, et particulièrement les précieux inventaires des collections, sont parvenus jusqu'à nous, quasi intacts. Sans doute, nos prédécesseurs, conscients de l'importance de leur sauvegarde, les ont conservés dans des bureaux occupant une autre partie des bâtiments. Nous pouvons donc croiser les informations et remettre en perspective les sources documentaires afin de tirer les conclusions qui s'imposent sur nos collections, au fil du récolement, domaine par domaine.
Ces inventaires papier font l'objet d'une saisie exhaustive dans la base de données qui a été entreprise par mes prédecesseurs, et notamment Françoise Baligand, à qui je rends personnellement hommage. Je m'y attelle personnellement chaque année au mois d'août lorsque l'actualité professionnelle est plus calme. Ainsi, une large part des registres a pu être saisie par l'équipe et la question de faire appel à un prestataire de saisie externalisée ne s'est pas posée, notamment en raison du surcroît de travail qu'auraient représenté pour nous son recrutement et son encadrement.

Sur quel format de notice avez-vous décidé d'axer cette saisie en masse ?
Pour que ce ne soit pas trop fastidieux, nous avons opté pour une saisie succincte, domaine par domaine, ce qui permet de suivre l'avancement des campagnes de récolement. Ce travail est facilité par la bonne tenue des registres, la qualité et la complétude des dossiers d'œuvres qu'avaient organisés mes prédécesseurs. Jusqu’à 2008, le parti pris était de ne conserver que des notices minimales. Aujourd’hui, j’essaie de les enrichir systématiquement (description, provenance, état, etc), mais un travail d’importance nous attend à ce sujet.
Quoi qu'il en soit, la saisie des collections de beaux-arts et d'archéologie est achevée. Nous allons pouvoir communiquer à la Drac les procès-verbaux des campagnes de récolement d'archéologie et de dessin au mois d'avril et reverser dans la foulée sur Joconde les œuvres récolées.

A ce sujet, quelle est la stratégie de mise en ligne des collections par votre musée et ceux de la région?
Musenor, le site de l'association des conservateurs des musées de Nord-Pas-de-Calais met en œuvre depuis 1999 une base de données régionale. En tant que membre du conseil d’administration de cette association, je suis chargée avec ma collègue Célia Fleury (responsable du développement des musées thématiques, Conseil général Nord-Pas de Calais, Direction de l’Action Culturelle) de superviser le travail mené sur la base régionale. Avec la webmestre de Musenor, nous avons décidé de donner un nouveau souffle au partenariat qu'entretiennent de longue date Musenor et Joconde. Nous réunissons à la fin du mois de mars nos collègues afin de bâtir ensemble un calendrier de reversements couplés sur les bases régionale et nationale. Nous ferons valider ce programme par le bureau de la diffusion numérique des collections. Quoi qu'il en soit, les musées du Nord-Pas-de-Calais et les responsables Joconde auront une seule interlocutrice : la webmestre de Musenor qui gèrera les exports de données. En ce qui concerne le musée de la Chartreuse, j'envisage un versement mensuel.

Quels sont vos autres projets régionaux en faveur des collections en ligne ?
Le projet Guerres et Paix de l'association s'accompagnera sur Musenor d'une mise en ligne rationnalisée des œuvres disparues dans le contexte de la Première guerre mondiale. Cela va nous mobiliser jusqu'en 2018 et au delà pour les autres conflits.
Dans un premier temps, nous souhaitons mettre en ligne en 2014 tous les objets ou œuvres liés à la première guerre mondiale et conservés dans les musées du Nord-Pas-de-Calais. En 2018, nous souhaiterions que tous les objets ou œuvres liés à la thématique générale « Guerres et Paix » soient accessibles aux internautes.
Enfin, nous réfléchissons en ce moment à la création d’une entrée spécifique sur la base présentant les œuvres disparues des musées de la région pendant les guerres, car certaines d’entre elles sont bien documentées.
Enfin, suite à la suggestion de Laurent Manœuvre, chef du bureau de la diffusion numérique des collections, nous allons investir les réseaux sociaux pour proposer une interface d'indexation collaborative, à l'image de ce que font plusieurs centres d'archives départementales. Les propositions de contribution des internautes sur nos corpus mal identifiés seront modérées par notre webmestre. Cela devrait être effectif fin 2013.

Quelle idée force retenez-vous de l'expérience que vous avez capitalisée en matière d'informatisation et de publication des collections ?
Ce que je retiens est qu'on ne peut avancer sans une équipe soudée, dont les tâches sont bien identifiées et réparties. Pour pouvoir mobiliser cette équipe, l'appui de la hiérarchie et des élus s'avère indispensable. Cela s'acquiert en communiquant inlassablement sur les projets et les enjeux du musée. Le relais officiel que nous permet le portail Joconde augmente encore cette visibilité.


En savoir plus sur le musée de la Chartreuse
En savoir plus sur le récolement du musée de la Chartreuse

Partager cet article

Published by Bureau de la diffusion numérique des collections - dans Les musées nous parlent
commenter cet article
18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 09:03

transfert.jpgDepuis plusieurs années, le service des musées de France met en œuvre la procédure du transfert de propriété aux collectivités territoriales des biens qui ont été déposés jusqu’en 1910 dans des musées de France. Le nombre de biens transférés s'élève à 6455 au 31 décembre 2012 ; environ 300 collectivités  sont concernées par cette procédure.

 

 

 

 

Grâce à Lorraine Mailho, conservatrice en chef à la sous-direction des collections, chargée de la coordination de cette procédure, nous publions sur Joconde le tableau donnant, région par région, commune après commune, accès aux arrêtés de transfert et aux listes détaillées des biens transférés au 31 décembre 2012.

Ces biens déposés par l'Etat avant le 7 octobre 1910, date de publication au Journal Officiel du  décret du 24 juillet 1910, régissant pour la première fois les dépôts, deviennent propriété de la collectivité par ce transfert à titre gratuit ; il est mis fin à leur dépôt et ils sont désormais affectés aux collections permanentes du musée.
Chaque collectivité ayant été informée de la parution de l'arrêté de transfert au Journal Officiel et la liste publiée au Bulletin Officiel du Ministère de la Culture et de la Communication, ce tableau permet d'avoir une vision d'ensemble sur le territoire national de l'avancement des transferts effectués au titre de l'article L.451-9.
Des conséquences significatives sur la gestion des collections découlent de ce changement de statut.

Il revient donc au musée d'apporter sans attendre les modifications qui s'imposent sur leurs registres d'inventaire et de dépôt, qu'ils soient manucrits ou informatisés, et dans leur base de données documentaire. Nous encourageons ainsi les musées à mettre à jour le statut juridique de ces biens afin d'en informer le public.

Numéros de l'objet, mode et date d'acquisition, historique du dépôt sont notamment impactés.
Une fois actualisées dans le système informatisé du musée - certains logiciels de gestion de collections ont d'ailleurs développé des fonctionnalités spécifiques - ces données pourront apparaître sur Joconde, dans les publications du musée ou encore sur les cartels de ces œuvres lorsqu'elles sont exposées.

Partager cet article

Published by portail-joconde - dans Méthode
commenter cet article
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 14:15

joconde-info-12.jpgLe douzième numéro de notre lettre d'information trimestrielle est paru sur le site Joconde.

 

En complément des rubriques habituelles, vous pourez lire notre dossier : "Wikimédia France invite les musées à participer", avec la contribution de Rémi Mathis, conservateur, président de Wikimédia France.

 

N'hésitez pas à vous abonner.

 

Bonne lecture !

Partager cet article

Published by portail-joconde - dans Information
commenter cet article
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:01

     chartreuse-2009.jpg

Expérience inédite sur Joconde : une nouvelle exposition virtuelle témoigne du grand intérêt qu'ont représenté, pour le musée, les opérations de récolement décennal.

 

 

 

 

© le musée de la Chartreuse de Douai, 2009, B Gully


Cette procédure réglementaire, vouée à vérifier la présence et l'état des collections muséales, a permis aux équipes scientifiques de s'approprier en profondeur l'histoire mouvementée du musée et d'initier une stratégie de publication des œuvres disparues en Nord-Pas-de Calais, notamment sur la base Musenor.

Dans le sillage de la journée nationale sur le récolement décennal, Anne Labourdette, directrice du musée de la Chartreuse de Douai, a confié à Mathilde Huet, co-responsable de Joconde, le soin de mettre en ligne et en images ses conclusions sur le récolement dans son établissement :
"Constituées à partir de 1792 par des saisies révolutionnaires, les collections du musée de Douai présentent une histoire riche et complexe.
Les acquisitions réalisées en 200 ans d'existence ont bien entendu été conséquentes alors que, dans le même temps, de nombreuses œuvres disparaissaient : ventes aux enchères au 19e siècle, vols (1890, 1901 et 1917-1918) et destructions (entre 1940 et 1944).
Du fait de cette histoire mouvementée, le musée de la Chartreuse a connu plusieurs opérations successives de récolement mais c’est le plan décennal, approuvé par la commission scientifique du 4 septembre 2008, qui a permis de valider la méthode actuellement en cours. Cette dernière est fondée sur un récolement d’inventaire domaine après domaine.
Actuellement, trois campagnes sur neuf ont été achevées et ont permis de constater que : 472 peintures, 386 dessins et plus de 3000 objets archéologiques sont manquants, tout en étant pour la plupart bien documentés (présence de photographies d’époque, des pièces relatives aux acquisitions des œuvres, etc)."

L'objectif de cette valorisation est aussi de proposer une nouvelle approche de la procédure réglementaire du récolement décennal : au plus près des collections, des préoccupations des professionnels et des publics.

Nous espérons que ce retour d'expérience fera des émules ! N'hésitez pas à commenter cet article et à nous contacter.

Visiter l'exposition
Plus d'information sur le récolement au musée de la Chartreuse de Douai.

Partager cet article

Published by portail-joconde - dans Les musées nous parlent
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Joconde - Portail des collections des musées de France
  • Le blog de Joconde - Portail des collections des musées de France
  • : Actualité de Joconde, portail des collections des musées de France. Catalogue de 500.000 notices d'objets, valorisées par des visites guidées (partenariat entre le bureau de la diffusion numérique des collections du service des musées de France et les musées participants). Espace professionnel : fiches-conseils consacrées à l'informatisation et à la numérisation des collections. Musées en ligne : sélection des ressources numériques muséales du monde entier.
  • Contact

Recherche