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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 09:31

Le musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes, dont le projet de rénovation est en cours, vient de publier des notices de collections techniques et ethnologiques sur Joconde. 

Sophie Parmentier, assistante de conservation, nous explique le contexte de cette mise en ligne.

 

" Le musée de la ville de Suresnes, situé dans les Hauts de Seine (92), dont la création date de 1926, est inscrit depuis 2002 sur la liste des musées de France.
Autrefois Musée d’histoire locale René Sordes, aujourd’hui le MUS ou Musée d’histoire Urbaine et Sociale de Suresnes vit une profonde mutation.

Le recrutement d’un conservateur du patrimoine en 1998 avec comme missions « entreprendre le travail d’inventaire des collections, poursuivre l’enrichissement du fonds et faire vivre le musée à travers des expositions tout en proposant un projet de rénovation du musée », a permis d’amorcer la restructuration du musée.
Son ouverture est programmée en janvier 2013 dans l’ancienne gare de Suresnes Longchamp, construite entre 1886-1889 sur la ligne des Moulineaux. D’une surface totale d’environ 1300 m2, les travaux d’embellissement de la façade en briques ont laissé place à la création d’une extension destinée à accueillir le public qui pourra découvrir ou redécouvrir des collections organisées autour de l’histoire de la ville, et plus spécifiquement de la thématique du patrimoine urbain, social et architectural durant l’entre-deux-guerres dont la cité-jardins est l’une des meilleures illustrations.

Pourquoi publier sur Joconde ?

La publication sur Joconde s’inscrit dans le projet d’informatisation et de numérisation des collections initiés par Marie-Pierre Deguillaume, lors de son arrivée en 1998, en tant que conservateur du patrimoine et actuelle directrice du musée. A cette date le musée s’est équipé d’un logiciel dédié à l'inventaire informatisé des collections.
A partir de 2007, avec le recrutement d’Emeline Parent, chargée des collections et aujourd’hui adjointe à la directrice, s’est affirmée la volonté de rendre les collections plus accessibles depuis l’extérieur et s’est alors imposée l’acquisition d’un nouvel outil permettant de répondre aux nouvelles exigences de numérisation et d’informatisation des collections muséales. Le choix s’est porté sur un logiciel de gestion de collections muséales du marché,  son acquisition fut finalisée à l’été 2010.

Parmi les objectifs, en tant que chargée de la valorisation des collections et de l’animation au sein du musée, la publication d’une partie des collections sur Joconde était une étape incontournable.
Dans le cas de Suresnes, cette mise en ligne a un double objectif :
- elle est d’abord un moyen de faire connaître des collections qui ne sont à l’heure actuelle pas présentées au public,
- un moyen aussi de pouvoir amplifier la visibilité du futur musée avant son ouverture

Depuis, l’équipe a été renforcée par l’arrivée de Lucille Pennel et Vincent Lorion, chargés du récolement. Mathilde Huet, co-responsable de la base Joconde a accompagné ce travail qui a permis la mise en place d’une méthode de saisie conforme à l’inventaire réglementaire et aux exigences pour l’export vers Joconde ainsi que la rédaction d’une charte indispensable au quotidien.

Quels objets pour cette première publication ?

Le musée de Suresnes retrace l’histoire de l’évolution urbaine, économique et sociale de la ville privilégiant la période de l’entre-deux-guerres à travers une collection riche d’estampes, de dessins, photographies, cartes postales, affiches, ainsi que des objets issus du patrimoine industriel comme les flacons à parfum et cosmétiques (sociétés Coty, Volnay, Worth…), des éléments de l'activité blanchisserie et du passé aéronautique, automobile et radiotechnique de la ville.
Le musée conserve parallèlement la collection Granoux, du nom d’un collectionneur suresnois, constituée de cartes postales, d’objets-portraits charges, des affiches, ou encore des imprimés consacrés à l'histoire politique et sociale européenne entre la fin du Second Empire et la Troisième République.
Sa politique actuelle d'acquisitions cherche à développer une spécificité sur l'urbanisme social de l'Entre Deux Guerres. Il conserve ainsi une importante documentation iconographique sur les principales réalisations architecturales de cette époque : Cité-Jardins, école de plein air, lycée Paul Langevin, crèche Darracq… à laquelle viennent s'ajouter des témoignages oraux, des maquettes et des objets liés à la vie quotidienne au sein de ces équipements.

Le choix parmi la diversité et la richesse d’une telle collection n’a pas été aisé, néanmoins la question afférente aux droits d’auteur qui régissent à la fois la diffusion, la publication et l’exposition d’images nous ont vite contraints à affiner notre sélection et définir des priorités, c’est-à-dire privilégier dans un premier temps les objets libres de droit comme les collections ethnographiques et celles pour lesquelles nous avons pu obtenir l’autorisation des ayants-droit pour l’exploitation des images.

A ce titre, nous avons pu mettre en ligne des postes radio et téléviseurs de la marque Philips dont la fabrication était assurée par une entreprise suresnoise spécialisée dans la conception des lampes d’émission et de réception pour les postes radio : La Radiotechnique. Installée à Suresnes en 1922, elle reprend la fabrication des poste radio de la marque Radiola en 1929, puis 2 ans plus tard celle de la marque Philips et ce jusqu’en 1996, date à laquelle elle disparaît au profit de Philips qui est toujours présent à Suresnes
Cette collection, riche d’une cinquantaine d’objets, en grande partie offerte par Philips,  retrace un pan de l’histoire de la communication et témoigne d’une aventure humaine et technique incroyable.

Quelle meilleure façon aussi pour le musée d’histoire urbaine et sociale, dont le projet de rénovation est en cours, de se faire entendre !

Nous travaillons déjà à l’enrichissement de cette publication qui marque véritablement une nouvelle étape pour le MUS. Cette mise en ligne sur Joconde sera très prochainement couplée à la création d’un site internet propre au musée, conçu comme un véritable portail autour des collections du musée. Ce site, nous l’espérons, sera l’occasion pour les visiteurs de venir enrichir leur découverte sensorielle et physique des œuvres présentées au MUS. "

Sophie Parmentier
Chargée de la valorisation des collections et de l’animation
MUS-Musée d’histoire urbaine et sociale de Suresnes

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:32

"Déontologie du patrimoine et des musées : historique et questionnement"
Paris, Auditorium de l'Institut national d'histoire de l'art, 21 mars 2012

 

Vingt cinq ans après la première publication du code de déontologie de l’ICOM - Conseil international des musées, en 1986, le Comité national français de l’ICOM et le Service des musées de France organisent une journée d’étude sur la déontologie dans les musées de France, et plus largement sur l’éthique des professionnels des patrimoines et du marché de l’art.

En effet, le début des années 2000 a vu se multiplier les codes de déontologie professionnels (conservateurs du patrimoine, conservateurs-restaurateurs, médiateurs, etc.) au moment où des changements profonds sont intervenus dans la gestion patrimoniale : externalisation des services, multiplication des partenariats, judiciarisation des pratiques. Quels sont les enjeux et les limites de ces codes de déontologie ?

Cette première journée d’étude se déroulera le 21 mars à l’Institut national d’histoire de l’art, à Paris, et rassemblera des intervenants du Ministère de la culture, des juristes, des professionnels indépendants et des acteurs du marché de l’art. La matinée s’efforcera de rappeler ce qu’est un code de déontologie, quelle est l’histoire de la notion et comment la déontologie muséale peut s’imposer aux partenaires des musées. L’après-midi sera consacrée à une table-ronde sur les pratiques professionnelles.


PROGRAMME

9 h : accueil des participants

9 h 30 – 13 h :  Déontologie : bilan et perspectives

Mot d’introduction
Philippe Bélaval, directeur général des patrimoines

De la déontologie du fonctionnaire à la déontologie muséale et patrimoniale, des grands principes à quelques cas pratiques ou cas de conscience...
Christopher Miles, secrétaire général adjoint du Ministère de la culture et de la communication

Evolution et impacts du Code de déontologie de l’ICOM : bilan historique
Jean-Yves Marin, directeur des musées d’art et d’histoire de Genève

11h – 11h30 : pause café

Frontières et extensions normatives de la déontologie dans le domaine des musées et du patrimoine
Vincent Négri, chercheur au CNRS

Ethique et déontologie : origine et effets du cadre international
Isabelle Vinson, Rédactrice en chef de la revue Museum International, UNESCO

Marché de l’art et régulation des opérateurs
Catherine Chadelat, présidente du Conseil des ventes volontaires de meubles aux enchères publiques

13 h – 14 h 30 : pause

14 h 30 – 17 h 30 :  Table-ronde : Retour d’expériences

-    Philippe Limouzin-Lamothe, président de l’Observatoire du marché de l’art
-    Monica Martelli-Castaldi, présidente ECCO (Confédération Européenne des Organisations de Conservateurs-Restaurateurs)
-    Christiane Naffah-Bayle, directrice scientifique, Centre des monuments nationaux
-    Evelyne Schmitt, conseiller pour les musées, DRAC Bretagne
-    Michel Van Praët, directeur du projet Musée de l’Homme

16 h – 16 h 30 : pause café

Clôture de la journée

Marie-Christine Labourdette, directrice en charge des musées de France

Denis-Michel Boëll, président ICOM France

Modérateur de la journée : Maître Bernard Jouanneau, avocat au Barreau de Paris


Pour plus d’informations :
http://www.icom-musees.fr/index.php/page/index/Journees-detude
Contact et inscription : contact@icom-musees.fr
Entrée libre dans la limite des places disponibles

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 15:06

Anne Coudurier, assistante de conservation , nous explique la mise en oeuvre et les enjeux de l'informatisation des collections du musée international de la chaussure à Romans.

 

"L'informatisation des collections du musée de Romans a débuté en 1999 avec mon recrutement et celui d'une autre personne en contrat emploi-jeune. Cette embauche a été assortie d'un volet de formations en photographie et retouche numérique, système de gestion de bases de données et missions muséales, qui nous a permis d'être opérationnels.

La saisie des notices a démarré de zéro sur une base de données bureautique à partir des minutes d'inventaire. Lorsqu'il a fallu paramétrer la grille de saisie, j'ai sollicité l'expertise de Mathilde Huet, co-responsable de Joconde. Cette dernière a été partie prenante du projet et a étroitement accompagné l'équipe du musée, notamment dans la mise au point de formats de saisie compatibles avec la réglementation de l'inventaire et exportables sur Joconde.
Nous avons ainsi pu informatiser les collections avec une méthode qui, associée à une prise de vue systématique des objets, nous permet de dénombrer aujourd'hui quelque 13.500 fiches d'inventaire informatisées. La collection du musée comporte environ 20.000 objets dont 15.000 sont déjà inventoriés.

La publication sur Joconde a été intégrée très tôt à notre chaîne de travail documentaire puisque le premier export date de 2002. Notre corpus de notices en ligne a été agrémenté en 2005 d'une exposition virtuelle sur la collection du créateur-modéliste Victor Guillen. Cette collection emblématique de 1.700 chaussures et accessoires, venant des quatre coins du monde et représentant toutes les époques, a été acquise par la ville de Romans en 1968 et a été à l'origine du musée. Il était donc d'autant plus important de la faire connaître du public le plus large sur Internet via Joconde. Cela a représenté également l'opportunité de valoriser notre travail et notre rôle au sein du musée.

En 2006, la base de données a migré vers le logiciel administratif dédié d'ores et déjà à la gestion du courrier et à la documentation en mairie. Nous avons été formés à cet outil mais il n'est pas toujours aisé d'en tirer le meilleur parti car il n'est évidemment pas doté des fonctionnalités nécessaires à la gestion des collections muséales. Les exigences liées au récolement, et notamment le recueil de données statistiques par le service des musées de France, ont convaincu notre commune d'équiper le musée avec un outil de gestion de collections qui devrait être acquis en 2013.

Cet outil devrait nous permettre de gérer plus facilement les droits d'auteurs liés à la diffusion des images des collections du musée.
Jusqu'ici la diffusion sur Joconde s'est focalisée sur les pièces anciennes et libres de droit, puis sur les collections issues de chausseurs locaux en activité auxquels il est facile de faire signer un contrat de cession de droits à titre gracieux.
Toutes les acquisitions non onéreuses sont désormais accompagnées d'un document de reconnaissance de don ; un contrat d'abandon de droits photographiques peut ensuite être signé. Le problème réside dans le fait que le donateur n'est pas toujours titulaire des droits d'auteur sur les œuvres en question : il s'agit alors de partir à la recherche du titulaire ou de ses ayants-droit, ce qui est un travail long et difficile. Heureusement, le musée peut s'appuyer sur le service juridique de la ville.

L'acquisition récente d'une partie de la collection Roger Vivier sera valorisée par une exposition fin avril - début mai et le musée espère pouvoir diffuser ces pièces sur Joconde. [La collection personnelle du bottier Roger Vivier a fait l'objet d'une vente publique fin 2011. L'Etat a préempté 55 lots pour le musée international de la chaussure à Romans. Note de Carine Prunet]

La publication sur Joconde des collections a des retombées positives sur l'activité du musée : demande d'informations ou de prêts de pièces, commandes photographiques. Le musée incite souvent ses chercheurs et ses différents contacts à approfondir leur recherche grâce aux notices mises en ligne sur Joconde."

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 09:18


Tout créateur est titulaire sur ses œuvres d'un droit d'auteur (droit moral et patrimonial).
Ceci à condition que ces œuvres de l'esprit, quelle que soit leur forme d'expression, soient originales, c'est à dire, selon l'expression consacrée par la jurisprudence depuis les années 1950, qu'elles révèlent la "marque ou l'empreinte de la personnalité de l'auteur".

Au sein des musées, on peut parfois être tenté de réserver un sort particulier aux clichés d'oeuvres en deux dimensions (dessin, estampe, peinture) en estimant qu'il n'y a pas acte créatif et en les considérant en conséquence non soumises au droit d'auteur.

Aux yeux de certains, ces reproductions ne seraient pas des réalisations originales au même titre que les photographies d'oeuvres en trois dimensions (objets, sculptures). Cela revient à faire une différence entre ces deux types de photographies. Ceci vient de l'idée que le choix de l'angle de prise de vue ou de l'éclairage pour les photographies d'objets en trois dimensions relève d'un regard artistique et d'un véritable savoir-faire professionnel. Ces deux critères seraient moins prégnants dans les photographies d'objets en deux dimensions. De cette pensée au fait de ne pas appliquer le droit d'auteur sur ces clichés, il n'y a parfois qu'un pas.

Même si ce débat de doctrine existe sur le caractère d'œuvre originale d'une photographie d'un objet en deux dimensions, il convient d'être extrêmement prudent et de ne prendre aucune initiative sans consulter le titulaire des droits (c'est-à-dire le photographe ou ses ayants droit). En effet, certains professionnels opèrent eux-mêmes cette distinction entre les photographies dont ils sont les auteurs et peuvent renoncer à leur droit patrimonial (on ne peut renoncer à son droit moral) pour leurs photographies d'objets en deux dimensions. Cela deva être formalisé par écrit. A défaut, le principe de précaution exigera de respecter le droit d'auteur.

En effet, le code de la propriété intellectuelle (livre premier consacré à la propriété llittéraire et artistique) qui régit le droit d'auteur et donne dans son article L 112-2 la liste de ce qui est "considéré notamment comme oeuvres de l'esprit" mentionne "les oeuvres photographiques et celles réalisées à l'aide de techniques analogues à la photographie" sans faire aucune distinction.
Par ailleurs, l'article L 112-1 précise bien que "les dispositions du présent code protègent les droits des auteurs sur toutes les oeuvres de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination". Pas de jugement de valeur, donc.

En vertu de cela et de l'examen des cas qui sont soumis aux juges, la jurisprudence actuelle reconnaît de façon quasi-unanime que les photographies d'un objet en deux dimensions sont des réalisations originales au même titre que les photographies d'objets en trois dimensions. Elles demeurent donc protégées au titre du droit d'auteur.


Des fiches pratiques sur le droit d'auteur et les images numériques sont à votre disposition dans l'espace professionnel du site Joconde. Un dossier complet très approfondi est en cours de préparation.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 11:16

La direction générale des patrimoines (Ministère de la culture et de la communication) organise chaque année un cycle de formation à la numérisation patrimoniale.
Il reste quelques places pour les trois stages suivants, ouverts aux agents du ministère de la culture mais également à des personnels n'appartenant pas au ministère de la culture.

- "Mener un projet de numérisation patrimoniale (documents manuscrits, imprimés et iconographiques)", du 26 au 28 mars 2012, à Paris. Date limite d'inscription : 24 février 2012,

- "Contrôle qualité des projets de numérisation", du 14 au 15 mai 2012, à Paris. Date limite d'inscription : 10 avril 2012,

- "Mener un projet de numérisation de fonds sonores et audiovisuels", du 12 au 14 septembre 2012, à Paris. Date limite d'inscription : 13 juillet 2012.

Vous pouvez contacter M. Claude AROULANDA (responsable d'actions pédagogiques de formation, Département de la formation scientifique et technique, Direction générale des patrimoines, Tél. : 01 40 27 65 27 ou claude.aroulanda@culture.gouv.fr

Consultez le catalogue de formations de la direction générale des patrimoines.


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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 13:54

Marianne Mercier est responsable du musée de la Princerie à Verdun depuis 2007. Dès son arrivée, elle a focalisé son action sur l'inventaire et le récolement des collections et a immédiatement opté pour une méthodologie informatisée sur l'outil de gestion locale du musée acquis en 2005.
Le récolement, dont les campagnes ont été déterminées par type de collections, est désormais achevé et près de 10.000 notices constituent la base de données du musée. L'informatisation des collections a été gérée par deux personnes : la responsable du musée elle-même et la personne chargée des collections.

Concernant l'inventaire au sens réglementaire du terme, quelles précautions avez-vous prises ?
La première étape a été l'analyse des registres anciens manuscrits, datant de trois époques différentes (19e siècle, années 1950 et années 1980) et correctement tenus malgré des lacunes. Il a fallu néanmoins procéder aux recoupements des différents numéros d'inventaire successifs : le mode de numérotation des années 80 a été poursuivi comme faisant référence, à l'exception des objets inventoriés à titre rétrospectif. Toutefois, les anciens numéros ont été mémorisés dans la base de données, ce qui s'avère extrêmement précieux lors des recherches.

Avez-vous adopté une méthodologie particulière ?
Une fois cette vérification des numéros faite et les inventaires au clair, l'équipe a pu se consacrer à l'informatisation des objets, pièce à pièce pour la majorité. La saisie s'est concentrée sur les rubriques d'identification et réglementaires essentielles dans le contexte de récolement du musée. Des photographies ont été systématiquement prises sous plusieurs angles.
Une méthode de saisie a été très tôt mise en place, facilitée par la consultation du site Joconde autant pour les exemples de notices que fournit le catalogue collectif des collections des musées de France, que pour l'aspect pédagogique des fiches professionnelles. Ce document partagé a été décliné pour chaque type de collections, en fonction des campagnes de récolement et selon la grille de saisie retenue pour traiter l'information.

A quels problèmes le musée a-t'il été confronté ?
L'utilisation des thesaurus nous a donné du fil à retordre, surtout pour les collections spécifiques (numismatique, sigillographie, phaléristique). La saisie aurait été encore plus efficace si l'utilisation de masques de saisie réduits aux champs utiles avait été systématisée mais le paramétrage de ces profils, complexe à mettre en place de façon autonome dans l'outil utilisé par le musée, nécessitait une prestation facturée par la société éditrice du logiciel.

Inventaire et récolement ont donc avancé en parallèle, selon un rythme de travail soutenu mais variable selon les difficultés posées par l'identification de tel ou tel objet.

Comment avez-vous géré le passage du musée au tout informatique ?
La décision de ne plus transcrire les informations réglementaires de façon manuscrite dans les registres d'inventaire papier traditionnels s'est imposée progressivement. Au début des opérations, transcription et saisie ont co-existé mais, rapidement, le constat de ce double travail, le risque d'erreurs ainsi qu'une plus grande maîtrise de l'outil ont incité le musée à passer à une solution 100% informatisée, y compris pour l'inventaire réglementaire. Le choix de bénéficier au maximum de cette performance technologique a été fait en 2008-2009.

Quand et comment constituerez-vous le registre d'inventaire proprement dit ?
Le musée procèdera à l'édition informatisée de son registre d'inventaire pour les années 2007-2012 à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. Les notices sont donc encore modifiables pour permettre des corrections et des compléments d'information glanés au cours du récolement et du chantier des collections en cours. Elles seront verrouillées à l'issue de la validation scientifique et administrative. [Pour l'heure, seule l'édition papier du registre d'inventaire possédant une valeur juridique selon l'arrêté du 25 mai 2004, le musée aura donc recours au module d'édition informatisée du registre réglementaire. Les informations saisies continueront d'être accessibles et modifiables dans les modules de gestion et de documentation. Note de C. Prunet]. Le volume du registre promettant d'être important, une sous-traitance de l'impression devra être étudiée.

Quelles perspectives envisagez-vous ?
L'équipe du musée s'est tant approprié l'outil informatique que l'édition papier du registre informatisé n'est considérée que comme une formalité juridique, qui n'aura d'autre intérêt pour le musée que de déposer en archives une copie de sécurité de son registre. L'outil de travail du musée demeurera l'inventaire informatisé via l'outil de gestion de collections, l'accès aux informations y étant grandement facilité et leur échange sous forme de fichier pdf également.


Un débat devrait être lancé entre professionnels sur le bien-fondé de procéder à des éditions papier qui peuvent s'avérer coûteuses, inutiles au quotidien et contradictoires avec les exigences du développement durable. Une réflexion approfondie sur une dématérialisation totale de l'inventaire, le stockage et la conservation à long terme des données devrait enrichir la problématique du registre d'inventaire muséal. Sur ce point précis, je regrette vivement que le temps juridique n’avance pas à la même vitesse que le temps des technologies."

La conservation à long terme des données numériques est un sujet complexe : lisez à ce sujet notre synthèse "Gérer la conservation des documents numériques".


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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:42

Après une première mise en ligne de notices de collections beaux-arts, Martine Speranza, responsable du musée Bonaparte à Auxonne, nous explique les tenants et aboutissants de cette publication.

 

"Le musée d’Auxonne est fondé en 1863 à partir d’une collection de peintures mise à la disposition du public par Jean-Baptiste Paget-Pontus, Auxonnais et amateur d’art. Ce fonds est augmenté à l’avènement de la République, en 1870, par les objets qui formaient un musée Bonaparte, dans une chambre en ville qu’avait occupée le jeune lieutenant Bonaparte, pendant son séjour à l’Ecole d’Artillerie d’Auxonne entre 1788 et 1791. Des dépôts de l’Etat viennent alors renforcer un ensemble très hétéroclite de peintures, objets historiques, archéologiques et ethnologiques, donnés pour la plupart par des familles auxonnaises. En 1949, le musée prend officiellement le nom de musée Bonaparte et s’épanouit dans la nostalgie des deux empereurs. C’est à cette époque que le maire d’Auxonne sollicite et obtient d’importants dépôts du musée des beaux-arts de Dijon. Le musée déménage en 1970 et s’installe dans la grosse Tour Notre-Dame du château Louis XI, dans un cadre historique remarquable, mais peu favorable à la conservation des collections. 


Cependant, un projet de mise en valeur touristique du château Louis XI voit le jour, une étude est engagée pour transférer le musée dans un autre bâtiment du château, une caserne construite par Vauban en 1688, offrant de nouvelles conditions de conservation et de présentation des collections, avec une accessibilité conforme à la réglementation. Un important travail sur les collections a été réalisé depuis 1996 : inventaire sur la base de données, photographie argentique de tous les objets, puis numérisation en 2003, documentation des collections, restauration de quelques tableaux. La collection compte un peu plus de mille objets. Un plan de récolement et un projet scientifique et culturel sont en cours pour élaborer le projet de transfert et de restructuration.


Situé dans une petite ville de 8.000 habitants, le musée est ouvert de mai à septembre et reçoit environ 3.200 visiteurs par an. Il nous a donc semblé nécessaire, au fur et à mesure du travail de documentation des collections, de verser notre inventaire sur Joconde pour diffuser et valoriser ces collections et toucher un public plus large.


Pour cette action, nous avons bénéficié de l’aide de l’association du personnel scientifique des musées de Bourgogne (section fédérée de l'association des conservateurs de Bourgogne) qui a mis en place un plan Etat-Région pour l’informatisation, la numérisation des collections et leur versement sur Joconde. Notre inventaire avait été fait sur un tableur, il a donc fallu créer des notices sur le logiciel de gestion de collections et les exporter vers Joconde. Le travail a été lourd, ce premier export de notices est un premier essai mais la présence de notre musée sur Joconde est une autre façon d’exister, hors de ses murs, en attendant la réalisation du projet de transfert."


Martine Speranza, responsable du musée Bonaparte à Auxonne

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 12:29

Christian Thévenin, régisseur des Collections des musées de Sarreguemines nous expose la stratégie de mise en ligne sur Joconde adoptée par le musée de la faïence et ses heureuses retombées !

 

1790 : fondation de la faïencerie de Sarreguemines. 2007 : fermeture définitive de l’entreprise. De ces 217 années d’existence, la ville de Sarreguemines a conservé un exceptionnel patrimoine : un four à faïence monumental (1860), le Casino des Faïenceries, bâtiment culturel et festif de la manufacture (1878), des cités ouvrières (1869 et 1926)... Par leur créativité et leur travail, les faïenciers ont légué une riche production céramique. Un large aperçu de celle-ci est conservée et présentée dans deux musées. Le musée de la Faïence dont le jardin d’hiver est classé monument historique, dévoile les produits sortis des fours alors que les procédés de fabrication sont révélés au sein du musée des techniques faïencières. Celui-ci est installé dans une ancienne usine de la manufacture, le moulin de la Blies qui compte aujourd’hui également le jardin des faïenciers.

La mise en ligne des collections sur Joconde nous a semblée essentielle pour mettre à la disposition des institutions muséales et à l’ensemble du public, la richesse et la diversité de la production de la faïencerie de Sarreguemines, une des plus importantes en Europe à la fin du XIXe siècle avec plus de 3 000 employés. Cette richesse est multiple : richesse des matières (faïence, grès, porcelaine…), richesse des supports et des fonctions (vases, services de table, à café ou à dessert, objets décoratifs, assiettes historiées…) et richesse des décors et des styles. Les deux cents ans d’activité de la faïencerie sont un abrégé de l’histoire et de l’évolution du goût, du Néoclassicisme à l’Art déco en passant par l’Historicisme, l’Exotisme, l’Art nouveau…

La collection de céramique du musée de la faïence compte aujourd’hui plus de 6042 œuvres dont 1900 ont été versées sur Joconde depuis l’année 2005. Grâce à l’informatisation et à la numérisation des collections entreprises dès 1997, l’export vers Joconde a pu être mis en œuvre rapidement. Mais ce travail n’aurait pas abouti sans l’expertise, la bienveillance et le dynamisme de Mathilde Huet du Service des Musées de France. A partir de 2008, les exports vers Joconde ont bénéficié du travail de récolement des collections car celui-ci a été mené dans le souci de compléter et de documenter plus précisément chaque œuvre. L’effort s’est porté plus spécifiquement sur l’indexation de l’iconographie. Le cas des assiettes historiées en est un exemple concret. En 2010, nous avons versé sur Joconde notre collection de 1 360 assiettes historiées dont la production a perduré des années 1830 à la Seconde Guerre mondiale. Ces assiettes sont ornées de vignettes aux thèmes très variés : sujets historiques ou d’actualité, scènes de la vie quotidienne, représentations religieuses, scènes de genre… Grâce à une indexation précise de cette imagerie, les chercheurs peuvent avoir accès à des œuvres, certes modestes dans leur apparence et leur facture, mais riches en information sur leur époque.

Régulièrement, grâce à la base documentaire Joconde, le musée est sollicité pour des prêts. Ainsi, le musée prête actuellement des assiettes au musée du Quai Branly pour l’exposition Exhibitions, l’invention du sauvage. Pour cette année, des emprunts sont prévus par les musées de Belfort dans le cadre de l’exposition "La guerre d’Algérie : les artistes français et la conquête de l’Algérie" ou encore par le musée de Béthune pour une exposition sur l’histoire du tramway…

Depuis 2005, année des premiers versements sur Joconde, la liste serait longue des institutions qui ont trouvé le chemin de nos collections par l'intermédiaire de Joconde…

Mais le musée de la Faïence détient également d’autres collections, en particulier une collection inédite et rare de près de 200 objets provenant d’Océanie, plus précisément des îles Gilbert en Micronésie. Sans aucun doute un futur versement sur Joconde…


Christian Thévenin
Régisseur des Collections
Musées de Sarreguemines

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 08:23

Le Sitem, le salon international des techniques muséographiques, dédié à l''équipement et à la valorisation des lieux de culture, se tiendra du 24 au 26 janvier inclus au Carrousel du Louvre, à Paris.

4000 professionnels sont attendus. La majorité des acteurs de la gestion informatisée et de la numérisation des collections pourra vous accueillir, vous présenter ses produits et répondre à vos questions.
Connectez-vous sur le site du salon pour connaître les exposants, éditer votre badge d'entrée électronique ou réserver votre place à une conférence-atelier.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 09:19

Notre série de témoignages sur l'informatisation des collections, de la saisie des données à la publication sur Joconde, se poursuit grâce à Samuel Monier, du  musée des beaux-arts de Dole.

 

Vos commentaires sur ce témoignage sont les bienvenus

 

"L’informatisation des collections a été menée à partir de 2004 grâce à l’acquisition d’un progiciel d’inventaire permettant de réaliser des exports sur la base Joconde. Nous avons aussi bénéficié du soutien de la section fédérée de l’association des conservateurs de Franche-Comté qui a mis en place le plan état-région dédié à la numérisation des collections d’œuvres d’art des musées de la région. Nous avons ainsi pu faire numériser les supports photographiques existants (ektachrome, diapositive) et ponctuellement mettre en place des campagnes photographiques pour les pièces de qualité n’ayant pas encore de cliché. Des photographies faites en interne pour des pièces secondaires ont été produites, le personnel concerné ayant reçu une formation de traitement des fichiers numériques (Photoshop) dans le cadre du programme initié par la section fédérée des conservateurs de la région.

L’objectif initial du plan d’informatisation et d’export était double : en interne, mettre sur pied un inventaire informatisé complété au fur et à mesure de l’avancement du récolement et de la documentation des notices d’œuvres, inventaire rédigé de manière uniforme et débouchant aussi sur une démarche exhaustive de numérisation des collections ; en externe, faire connaître à des publics spécialisés, mais aussi au grand public, les collections du musée au sens large, incluant les œuvres conservées dans les réserves.

De manière pratique, nous avons mis en œuvre une planification des exports répartie par technique, période, et école, en tenant compte des volumes d’œuvres concernés pour chaque lot de notices exporté. Dans un premier temps, nous avons travaillé sur le fonds des peintures qui est le plus important. A l’intérieur de celui-ci, nous avons fait un tri en distinguant les œuvres antérieures au XIXe siècle et celles du XIXe siècle, le musée ayant reçu pour cette période un legs pléthorique dans lequel il convenait de faire une sélection préalable. Nous avons enfin fait pour la peinture ancienne des exports par foyer artistique (France, Italie, Flandres et Hollande). Dans un deuxième temps, nous avons travaillé sur des fonds plus restreints, les estampes, les sculptures, les dessins, ce dernier ensemble devant faire l’objet d’un export en 2012. Au total, presqu’un millier de notices est déjà exporté, plus de 95 % comptant une fiche média de qualité correcte. Le travail d’informatisation est réalisé en interne par l’équipe de conservation du musée, ainsi que ponctuellement par des vacataires que nous formons à leur arrivée. Le rythme des exports dépend de l’activité du musée. Nous nous efforçons de prévenir la co-responsable de la base Joconde au moins deux mois avant chaque export.

D’un point de vue méthodologique, la collaboration avec le Service des musées de France a été très bonne, grâce à un diagnostic fait en amont par Jeannette Ivain. Après une journée d’étude à Dole, elle a dressé un rapport complet avec des préconisations établies à partir de l’observation des informations existantes (ancienne base Filemaker reversée sur le progiciel Actimuséo), ceci dans la perspective d’être en cohérence avec le langage normatif de la base Joconde. Les relations avec Jeannette Ivain, les aides en ligne disponibles ainsi que l’évolution du progiciel d’inventaire (index et thésaurus informatisés, développement pertinent des rubriques de saisie notamment), ont permis de faire un travail aisé, aucune difficulté technique d’un point de vue informatique s’entend, n’étant à signaler par ailleurs.

Après sept années de mise en œuvre de la diffusion des collections sur la base Joconde, nous en tirons un bilan positif. En termes de prêt d’œuvres et de demande de reproduction éditoriale, les dossiers ont été multipliés par deux. A cela, s’ajoute une plus-value scientifique importante, grâce à la collaboration d’historiens de l’art ou de conservateurs qui nous aident ponctuellement pour l’attribution de certaines œuvres vues sur Joconde."

Samuel Monier, assistant de conservation du patrimoine au musée des Beaux-Arts de Dole

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