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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:35

reconstitution-pressoir.jpgPendant 18 mois, le Musée du Vignoble Nantais a mis en application la note-circulaire parue le 19 juillet 2012 concernant le matériel d’étude. Avec le soutien financier de la DRAC Pays de la Loire, un chargé de mission a été recruté en mars 2013 avec pour objectif d’étudier et de définir un statut aux objets formant le matériel d’étude du musée.  Rachel Suteau, responsable du service patrimoine au syndicat mixte du SCoT et du Pays du Vignoble nantais, explique la méthodologie retenue et l'informatisation des données recueillies.

 

 

 

Le contexte
Cette procédure sur le matériel d’étude s’inscrit à la suite du chantier des collections initié depuis 2008. Une première mission d’informatisation des inventaires papier en 2008-2009 puis une seconde de récolement en 2010-2011 avaient permis d’organiser, de nommer, de classer et de documenter a minima une collection associative accumulée en deux phases successives (1981 à 1993 puis 1995 à 2010). Cependant, la faiblesse de contenu documentaire ne permettait jusqu’alors que trop peu une utilisation optimale de l’ensemble des champs de la base de données utilisée pour l’informatisation.
L’outil informatique, au cours de cette période, a permis de consigner des informations existantes et récolées d’après les différents inventaires papiers conservés sur le site. D’autres informations ont été saisies « en attente » lorsqu’elles portaient sur l’accumulation d’objets non inventoriés depuis 1995. Ces objets, physiquement présents, ont été intégrés à la base de données, photographiés, identifiés à la différence près que le numéro d’inventaire a été saisi « A inventorier n°1 à N ». Par commodité de saisie, les nouvelles fiches d’inventaire ainsi créées pouvaient regrouper plusieurs objets de même dénomination, sous forme de lots (de type « lot de X bouchons » pour une seule fiche informatique).
Le logiciel d’inventaire a également permis l’organisation du déménagement d’une partie des objets dans un lieu externalisé, de même que l’organisation par typologie d’objets dans les réserves sur site et hors site. Enfin, la relation aisée entre les fiches documentaires et les photographies a grandement facilité la capacité de l’équipe à engager les travaux sur le matériel d’étude.

La commande
Au démarrage de la mission portant sur le matériel d’étude, 1.416 fiches d’objets « A inventorier » sont identifiées dans la base de données. Elles constituent le point de départ de l’étude.
La mise en œuvre de la mission répond à des objectifs formulés dès l’origine du projet :
- Aboutir à un tri très sélectif pour l’inscription des objets à l’inventaire ;
- Mener l’étude dans un temps court et défini : un contrat d’un an (finalement prolongé de six mois) en concomitance avec la rédaction du projet scientifique et culturel et la réalisation d’une étude de programmation ayant notamment pour but la création de nouvelles  réserves ;
- Enfin, proposer des solutions statutaires pour au moins 51% des fiches identifiées.

Une méthodologie expérimentale
D’un point de vue pratique, l’examen du matériel d’étude s’est déroulé sous forme de plusieurs études organisées par typologie technique d’objets : les pressoirs ; charrues et houes ; fûts et portoires ; éléments de tracteurs ; bouteilles, bouchons et étiquettes de vin ; outils de tonnellerie. Un onglet spécifique pour le suivi de la connaissance acquise sur les fiches du matériel d’étude a été créé dans la base de données et conservé. Car la recherche n’est pas close et certaines études devront être poursuivies pour statuer sur l’intégration ou non dans la collection muséale.
Les études se sont basées sur les informations collectées durant le récolement décennal et sur l’observation physique de chacun des objets. Ces observations et constats ont été complétés par un travail de comparaison avec les œuvres inventoriées, et celles correspondantes conservées dans d’autres musées. Le fait que l’ensemble des objets (œuvres inventoriées et matériel d’étude) soit regroupé dans une même base de données et donc « appelable » par dénomination a facilité le travail de pré-sélection et d’étude comparative. De la même façon, la couverture photographique associée à la base de données a permis d’anticiper les constats d’état sur les différents sites de conservation physique des oeuvres.

L’équipe scientifique a défini des critères de sélection pour l’inscription à l’inventaire :
- L’état sanitaire : l’objet est-il en bon état ? nécessite-t-il une restauration ?
- L’intégrité physique de l’objet : est-ce un élément ? ou un objet complet ?
- La singularité de l’objet au sein de la collection : existe-t-il des doublons ?
- L’esthétique de l’objet : appréciation de la qualité de fabrication ou d’usage.
- L’usage de l’objet : peut-il fonctionner ? sa technicité est-elle restituable ? (Critère proposé par les membres de la commission scientifique régionale d’acquisition de la DRAC Pays de la Loire).
Il s’est révélé, au cours de la mission, que la recherche documentaire des objets ne pouvait se mettre en place que sur un temps long qui correspond à celui de l’appropriation de l’objet patrimonial. Le chargé de mission a parfois revêtu le costume d’enquêteur du patrimoine : étude fine des éléments d’un objet (essai de correspondance entre dimensions, traces d’usage), appels téléphoniques à de potentiels donateurs, entretiens avec les collecteurs, les membres de l’équipe du musée, etc.

D’un point de vue déontologique, cette méthode a été construite sur un échange tripartite entre les élus, propriétaires et gestionnaires du fonds, les amateurs, relais d’information et collecteurs, et l’équipe scientifique. Elle a été pensée de façon participative en considération des avis de la collectivité, des associations, et du corps des professionnels du secteur. Ainsi, la problématique de l’étude, la méthode engagée et les premiers résultats obtenus ont été présentés à ces différents acteurs à mi-chemin de la mission, permettant de considérer les questionnements, inquiétudes, intérêts de chacun : Qu’a-t-on à dire de ces objets ? Que nous racontent-ils du vignoble nantais ? Quel est le coût financier de la collectivité pour conserver et valoriser ces objets ? Quoi faire des objets que l’on ne conserve pas ? Faut-il conserver des objets pour permettre la recherche fondamentale sur un sujet déterminé ? Ces questions et arguments ont permis de faire progresser la réflexion au fil des études, en adaptant les critères de sélection de façon spécifique à chaque typologie d’objets. Il va sans dire que la base de données a servi de support constant à cette recherche et gestion participative, avec un flux tendu d’informations ajoutées, modifiées, en fonction des découvertes et des échanges. Un onglet personnalisable de la base de données a permis de rédiger sous forme de commentaire les informations recueillies auprès des donateurs, le résultat des prospections, le contact des personnes ressources et, finalement, l’avis argumenté du chercheur concernant la dévolution possible de l’objet.

Résultats des études menées
1.336 objets physiques ont été étudiés (correspondant à 756 fiches sur la base de données). 21 objets sont proposés à l’inventaire ; 11 objets non identifiés au moment du récolement ont été retrouvés. De nombreux autres sont intégrés comme objets documentaires et sont maintenus dans la base de données, considérant l’intérêt de ce fonds documentaire pour les perspectives de recherche sur la collection. Les objets conservés pour la muséographie ou pour usage d’animation pédagogique sont extraits de la base de données et font l’objet d’un listing séparé, considérés de la même façon que du matériel périssable. Cela permet de « nettoyer » la base de données et de se concentrer de plus en plus sur l’usage de l’outil informatique comme outil de recherche et d’étude, tout autant qu’outil de gestion. Près de 500 objets sont aliénés à titre gratuit, voire détruits pour partie d’entre eux.

La base de données documentaire : un outil clé de la recherche
Grâce à l’outil informatique, la recherche sur le matériel d’étude croisée à la collection a été facilitée pour les objets volumineux, constitués d’éléments épars, conservés dans plusieurs lieux de stockage (étude sur les 21 éléments de pressoirs), ou pour les études comprenant un nombre très important d’objets (étude sur les 708 bouteilles). Les enquêtes sur le matériel d’étude couplées à l’usage de la base de données ont montré la nécessité de créer un thésaurus en vue de parfaire l’identification des objets et d’engager des recherches comparatives entre différents territoires viticoles. Ce travail est programmé avec les collègues du Musée de la Vigne et du Vin d’Anjou, dans la perspective d’une mise en réseau nationale.

Le matériel d’étude : une étape clé de la patrimonialisation
La mission sur le matériel d’étude menée au Musée du Vignoble Nantais a questionné le processus d’intégration de l’objet dans la collection. De ce fait, et par les réponses méthodologiques apportées, ce sas statutaire s’est révélé une étape clé dans le processus d’appropriation collective d’objets techniquement « morts » vers, pour certains, la fonction renouvelée d’objet patrimonial. Les choix de destination qui s’opèrent, portés et assumés par les élus, les spécialistes et les citoyens, permettent ainsi de constituer et d’assumer une collection dont la dimension patrimoniale devient évidente et sort du seul champ du spécialiste. Il s’agirait, à nos yeux, d’une des formes qui renouvelle la démarche historique extrêmement féconde des écomusées et musées de société. 

 

Le site du musée

Les objets du musée sur Joconde

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 11:27

 

lattes-05-copie-1.JPGLe site archéologique Lattara - musée Henri Prades de Montpellier Agglomération, situé à Lattes, présente les résultats des fouilles du site portuaire lagunaire installé dans l'ancien delta du fleuve le Lez, occupé du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère. Placé à côté du site de fouilles conduites sur le port antique, le musée archéologique Henri Prades témoigne de la vie quotidienne locale durant l'Antiquité. Le musée vient d'achever le récolement des collections. Son directeur, Lionel Pernet, nous explique comment cette opération, menée en 4 ans, s'articule avec une riche documentation désormais centralisée sur un système unifié de gestion des collections.

 

 

Comment avez-vous abordé le récolement des collections ?

A mon arrivée à la tête du musée en 2009, j'ai dû faire du récolement ma priorité, aux côtés des deux autres professionnels scientifiques du musée. Je dois d'abord dire que la prise en mains et le bon déroulement des opérations ont été possibles grâce à un travail de fond sur l'identification et l'historique des collections mené depuis plus de 20 ans par mes prédécesseurs et collègues. L'inventaire des biens, donnés à la ville de Lattes en 1977, a commencé en 1982 sous forme papier puis également bureautique. Les données étaient présentes et structurées : un atout considérable.

Après une prise de connaissance globale des collections, j'ai travaillé avec le conseiller pour les musées de la Drac Languedoc-Roussillon, afin de déterminer le périmètre des collections à récoler car relevant du statut musée de France.

Pour une partie des biens, à chaque objet correspond un numéro d’inventaire, mais pour une grande partie conservée en réserves, le récolement s'est littéralement fait au poids, grâce la vérification réglementaire par contenant, particulièrement adaptée aux collections archéologiques. Les cinq campagnes ont abordé successivement les unités individuelles (plus de 5.000 objets exposés et monnaies) puis les lots issus des périodes préhistoriques, du premier âge du fer et de puits antiques. L'ensemble des biens conservés a été revu et reconditionné si nécessaire. Nous avons fait le choix d'une procédure papier, suffisante pour un récolement rapide prenant appui sur les informations alors contenues dans plusieurs bases de données bureautiques constituées dans les années 90.

 

Que sont devenues ces bases de données ?

Elles ne sont plus utilisées mais les données ont été récemment pérennisées dans une solution web unifiée de gestion des collections, précédemment choisie par la communauté d'agglomération de Montpellier pour le musée Fabre. Cela nous permet d'accéder aux différentes ressources du musée : catalogue des deux bibliothèques (bibliothèque scientifique et bibliothèque jeune public), inventaire des archives, photothèque et, bien sûr, les données sur les collections.

Préalablement à la migration, j'ai demandé que les données sur les collections soient scindées en fonction de leur statut administratif : biens récolés relevant de la législation musées de France, biens du dépôt Jean Arnal, et une petite dizaine d'autres provenances. L'outil de gestion des collections actuel respecte cette répartition des collections et matériels - un préfixe factice est ajouté au numéro d'identification des objets, ce qui permet de faire des recherches avec ce critère d'interrogation.

La migration a été menée de février à août 2014, en parallèle à l'achèvement du récolement : nous avions donc une vision précise de l'état des collections au moment où la base est entrée en service. Après une analyse de nos données, l'éditeur a géré la migration par exports successifs sur tableur. Les anomalies et candidats descripteurs nous étaient régulièrement soumis avant l'intégration réelle des données dans le nouveau système. La réactivité au sein du musée – grâce à une équipe de trois personnes (Florence Millet, Mario Marco et Marine Giltzinger (stagiaire) – et chez l'éditeur ont été déterminantes pour intégrer les données les plus propres possibles. Je ne saurais trop recommander de nettoyer au maximum les données avant leur intégration, lorsqu'on dispose encore d'une vision synthétique sous forme de tableau. Associées à des formations, ces interventions préalables ont été pour nous la garantie d'un système immédiatement opérationnel.

 

Quelle est la volumétrie de la base actuelle des objets du musée ?

La base compte désormais 13.079 fiches de numéros d'ensemble, dont 10.664 sont des ensembles "musée de France" récolés. Ceci correspond à environ 115.000 fragments. Ces fiches d'ensembles de biens sont associées à une quarantaine de fiches "entrée" (20 pour les biens "musées de France") qui synthétisent toutes les informations collectées sur la provenance des objets.

 

Avez-vous rencontré des obstacles concernant l'informatisation d'objets archéologiques dans un système polyvalent ?

Sincèrement, non. Evidemment, pour les quelques acquisitions du musée ou objets inventoriés à titre rétrospectif, nous n'utilisons jamais de nombreux champs spécifiques aux collections beaux-arts ; mais nos données archéologiques sont rentrées sans écueil dans le moule du logiciel. L'éditeur a été à l'écoute de nos questions et nous a fait bénéficier de son expérience auprès d'autres services archéologiques.

Nous utilisons aussi notre base pour gérer les envois du service régional de l'archéologie, déposés dans une partie de nos réserves. Une fiche par diagnostic ou par fouille est créée dans notre système sous la forme d'un ensemble complexe qui donne accès au sous-inventaire déjà informatisé du matériel et au rapport de fouilles.

 

Quels sont vos projets par rapport à l'informatisation et la mise en ligne des collections du musée ?

Nous souhaitons associer des documents numériques (natifs ou scans) aux fiches entrées (délibération municipale affectant le matériel) et aux fiches d'ensembles ou d'objets (articles, rapports de restauration, scans de 24.000 diapositives documentaires, etc.).

Concernant l'inventaire réglementaire, nos registres papier manuscrits sont à jour et bien tenus : ils continuent à faire foi. Néanmoins, nous allons demander à l'éditeur de faire une version électronique de sécurité des fiches des biens "musée de France" sous forme de notices réglementaires informatisées comme le permettent les fonctionnalités validées du logiciel.

Les fiches papier du récolement ne seront pas reprises dans la base : ce serait lourd et redondant. Nous envisageons simplement d'entrer les suites à donner identifiées lors des campagnes pour en assurer le suivi.

 

Concernant la mise en ligne des collections, nous allons prochainement procéder à un export test Joconde d'une trentaine de notices. Nous mettrons à terme en ligne sur le catalogue collectif un ensemble de 150 à 200 fiches représentatives des collections. En parallèle, nous prévoyons de doter le site Internet du musée d'un opac qui permettra au public de consulter la globalité des ressources du musée (objets, documents, vidéos…).

Le musée participera à la réflexion de la communauté d'agglomération sur la conservation à long terme des données numériques en haute définition.

 

On entrevoit les bénéfices de cette informatisation, mais pouvez-vous les préciser ?

L'équipe bénéficie d'un accès à distance, contrôlé, permanent et partagé aux collections. J'ai personnellement l'impression d'avoir complètement changé de métier et de réellement gérer les collections placées sous notre responsabilité. Depuis mon bureau, je peux appréhender ce qui est dans les réserves ! Cette vision globale, rendue nécessaire et effective à travers l'exigence du récolement, est un gain énorme. Cela a changé mon rapport aux collections. C'est un acquis indispensable que je veillerai à maintenir ou à reproduire dans d'autres structures à l'avenir.

 

Le site du musée : http://museearcheo.montpellier-agglo.com/


La page Facebook du musée (gérée par Lionel Pernet) : https://www.facebook.com/musee.site.lattara

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 08:04

mnm.jpgDepuis le 1er juin 2014, le musée national de la Marine publie les pièces majeures de ses collections sur son site Internet. Marjolaine Mourot, conservateur en chef, responsable du service des collections du musée, nous entrouvre les coulisses de cette mise en ligne et de l'administration des collections informatisées qu'elle implique.

 

 

Dans quel contexte technique la mise en ligne des collections s'inscrit-elle ?

Les notices des collections actuellement en ligne représentent une sélection de notre base de données. Le musée de la Marine s'est informatisé très tôt, dès 1989. Cette gestion des collections a toujours été unifiée mais les lieux de conservation des objets sont multiples : site de Paris et musées des ports de Brest, Port-Louis, Rochefort et Toulon, réserves décentralisées. L'accès aux collections informatisées à distance et en temps réel est devenu indispensable au fil des années. Notre système informatisé a donc été porté fin 2013 sur un nouvel outil de gestion de collections dont la technologie "full web" permet de répondre à cet impératif.

 

Comment avez-vous piloté le chantier de migration de données ?

C'est une reprise des données à grande échelle qui a été opérée : 33.000 notices sont concernées. Un dialogue suivi avec le prestataire a été très précieux pour assurer ensemble une vigilance sur nos données. La reprise est satisfaisante ; c'est à nous désormais de nous familiariser avec les fonctionnalités de l'outil pour retrouver nos données dans un nouvel environnement.

Néanmoins, si les choses étaient à refaire, j'organiserais les tests de façon différente : je monopoliserais davantage de membres de l'équipe sur un temps défini pour procéder à des vérifications précises. Avec le recul, cela me semble indispensable pour repérer un maximum d'anomalies avant la migration proprement dite et cerner certaines difficultés liées au changement d'outil et de méthodes de travail.

En plus du changement de système, nous avons fusionné la base de données des collections avec celle de la photothèque. Cela a été un peu plus complexe, notamment pour le prestataire, mais le système a gagné en cohérence. Par exemple, en plus du lien notice - image, nous récupérons désormais immédiatement les informations de gestion des clichés (nom du photographe, etc.). Nous avons encore beaucoup de travail pour unifier et toiletter les thésaurus communs, comme les biographies par exemple.

 

Quelle stratégie de mise en ligne avez-vous mise en place au sein du musée ?

La mise en ligne des collections était un objectif depuis le début du projet de réinformatisation. À ce jour, 1.375 notices sont en accès public. Nos critères de sélection ont été les œuvres présentées dans des expositions temporaires ces dix dernières années et les œuvres phares exposées dans nos différents musées. Ce corpus va s'accroître au fil du temps avec les nouvelles acquisitions, les nouveaux projets d'expositions et les campagnes de prises de vue. Avec les conservateurs et les chargés de collections, nous partageons un panier de notices proposées pour la mise en ligne. Je validerai cette sélection au fur et à mesure.

L’un des points fortde cette mise en ligne est la possibilité de créer des expositions virtuelles. Pour l’ouverture du site, nous en avons réalisé cinq ; deux autres sont en préparation. Elles ont été envisagées en fonction de deux objectifs différents : soit pérenniser une exposition temporaire, soit faire un rapprochement virtuel entre des œuvres qui n’ont jamais été rassemblées. Le service de la Conservation est donc totalement autonome dans la gestion de ces expositions virtuelles dont la mise en œuvre est facile. Mais qu’on ne s’y trompe pas : chacune d’elle doit être conçue comme un projet à part entière !

 

Comment gérez-vous les notices en ligne ?

L'enrichissement du corpus en ligne se fait très simplement, et dès qu'on le décide, grâce au moissonnage de la base de données. Le processus ne présente aucune difficulté : chaque notice de la base de données est pourvue de cases à cocher permettant de la retenir pour un export Joconde et/ou pour une diffusion restreinte ou publique sur notre site ; c’est à partir de ce dernier critère que l’administrateur du "back office" peut déclencher le moissonnage des notices et des photographies liées, pour une première mise en ligne ou pour une mise à jour.

La plateforme de mise en ligne présente un graphisme et une ergonomie conformes au reste du site du musée. C’est un point sur lequel le responsable de notre service multimédia avait beaucoup insisté et qui a été traité très harmonieusement par le prestataire.

Les notices en ligne comprennent des rubriques classiques d'identification dont certaines sont dotées d'hyperliens. Nous avons sélectionné ces rubriques parmi les nombreuses propositions possibles, un choix modifiable à tout moment. Une rubrique de description rédigée permet d'en savoir plus sur l'œuvre. Nous faisons désormais particulièrement attention à cette rubrique lorsque nous saisissons nos informations : nos commentaires de gestion interne sont reportés dans une autre rubrique non diffusée. De fait, notre outil de gestion des collections devient également un outil de communication, ce qui oblige désormais chacun des conservateurs à rédiger les notices d’œuvres en fonction d’une probable diffusion.

 

Justement, quel est l'impact de la mise en ligne sur l'informatisation des collections ?

La mise à jour facilitée des notices en ligne est un point fort : les erreurs ou les incohérences de saisie ancienne sautent aux yeux, une fois les données mises en ligne ! Par exemple, de nombreuses dénominations devront être transférées dans le champ Titre ; certaines mesures sont à uniformiser (notre nouvel outil s’y prête) - ce qui permettra d'avoir une information réellement exploitable pour le stockage et l'exposition des œuvres… Cela permet de pointer les problèmes et d'orienter les corrections. À terme, bien sûr, une charte de saisie mémorisera ces bonnes pratiques, mais cela impose de maîtriser l'utilisation de cette nouvelle base de données de façon approfondie.

La gestion des droits nous permet d'avoir une organisation du travail répartie selon les domaines de compétence. Cela est important car il peut y avoir jusqu'à 17 intervenants - dont 5 relevant du service Recherche et de la photothèque - sur la base, tous droits confondus. Nous affinons en ce moment le paramétrage complexe des droits de lecture et d'écriture.

 

Pouvez-vous nous en dire plus cette diffusion dite "restreinte" ?

Actuellement, 26.585 notices - dont la moitié est illustrée - peuvent faire l'objet d'une "diffusion restreinte". Il s'agit des notices des collections - y compris celles déjà en ligne - hors matériel d'étude. Ces notices ont des champs plus nombreux que celles en ligne, mais il n’est pas envisageable à court terme de les vérifier systématiquement, tant sur fond que sur la forme, comme dans le cas de la diffusion publique pour laquelle nous avons pris soin de corriger et harmoniser les notices.

Ces notices seront bientôt accessibles à un nombre réservé mais élargi de collègues. L'accès aux données se fera, après validation de ma part, par la création d'un compte utilisateur avec authentification. Cela nous permet d'accompagner le changement d'outil de façon plutôt conviviale : nos collègues des sites distants, notamment, pourront ainsi se familiariser avec cette nouvelle interface et utiliser la base de données, ce qui leur était impossible jusqu’ici.

 

Lien vers le site du musée

Lien vers le communiqué de presse

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 09:16

nouveaute48-copie-1.jpgLe musée des beaux-arts de Brest vient de verser un premier lot de notices illustrées sur Joconde :  plus de cent oeuvres des peintres de Pont-Aven et des Nabis. L'occasion pour son conservateur, Pascal Aumasson, de revenir sur l'histoire des collections du musée ainsi que sur leur valorisation sur Joconde, liée à la programmation des expositions temporaires. 

 

 

 

IBELS Henri Gabriel, Personnages dans un pré, huile sur carton, 4e quart 19e siècle - 1e moitié 20e siècle, Brest, musée des beaux-arts, © Jacques Bocoyran


"Un nouveau musée à tout prix !  L’expression présente une certaine exagération. Mais, c’est néanmoins dans cet esprit que la ville de Brest n’a cessé de penser à la place d’une collection artistique dans sa politique culturelle. Dans la nuit du 4 au 5 juillet 1941, un bombardement aérien et l’incendie qui s’en suivit anéantirent les collections rassemblées depuis 1875. À l’idée de renoncer à toute approche muséographique de l’art et de l’histoire, et bien qu’absorbée par la reconstruction de la ville, la municipalité de Brest s’efforcera de constituer une nouvelle collection.

 

Après une première période centrée à partir de 1947 sur la constitution d’un fonds d’art populaire régional, le choix d’engager l’établissement sur la voie des beaux-arts est établi en 1964, avec la nomination d’un nouveau conservateur, René Le Bihan.

L’enjeu est singulier ! Il offre une grande liberté de choix, dans la mesure où aucune peinture, aucune école, aucun style, aucune chronologie particulière ne s’imposait par une présence ancienne d’œuvres. Les sélections ont été guidées par une ligne de fond consacrée aux écoles italiennes des XVIIe et XVIIIe siècles et à leur rayonnement en Europe, en parallèle à deux autres axes consacrés respectivement au néoclassicisme et au symbolisme. L’ouverture en été 1968 du nouveau bâtiment dessiné par J.-B. Mathon, architecte chargé du nouveau plan d’urbanisme, a permis de montrer ce nouveau fonds au public.

 

La mise en perspective des collections brestoises, engagée depuis deux ans et incarnée par une exposition temporaire consacrée chaque année exclusivement à un fonds, a porté en 2013 sur les œuvres réunies autour de l’École de Pont-Aven et les Nabis. 108 peintures, dessins, estampes et sculptures ont fait l’objet d’un récolement, et leur rassemblement a donné lieu à un catalogue. L’exposition inédite d’une sélection de ces œuvres a donné l’occasion de souligner l’angle d’étude adopté à Brest dans la présentation aux publics de l’École de Pont-Aven : ses sources sont à Argenteuil et à Saint Briac, avec Émile Bernard dont le musée conserve pas moins de douze œuvres.

C'est ce corpus d'exception que le musée a choisi pour valoriser ses collections sur Joconde et intégrer le catalogue collectif des collections des musées de France.

 

Sur le même principe, les prochains versements seront consacrés à des collections mises en lumière à l'occasion d'une exposition : le fonds consacré à la sculptrice Anna Quinquaud, tout d'abord, présenté dans l'exposition Anna Quinquaud. Une sculptrice en Afrique du 5 février au 17 mai 2014, puis les peintures italiennes, présentées dans l'exposition Les maîtres italiens du musée de Brest, du 30 avril 2014 au 4 janvier 2015."

 

Pascal Aumasson, conservateur du musée des beaux-arts de Brest

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 08:07

Libourne-Photo-009-leg.jpgLe musée des beaux-arts de Libourne aura achevé son premier récolement décennal dans les semaines qui viennent. Pour le bicentenaire du musée, l'équipe s'offre un cadeau assez inestimable : la connaissance globale et documentée de ses collections, entièrement informatisées et numérisées. Thierry Saumier, conservateur du musée, revient pour nous sur ces quatre années de travail rigoureux ainsi que sur les multiples retombées positives et projets qui l'accompagnent.


Comment avez-vous envisagé l'informatisation du récolement ?
A ma prise de fonctions en janvier 2010, force fut de constater que le récolement n'avait pas beaucoup avancé. Face à l'ampleur de la tâche et à nos effectifs restreints (l'équipe du musée compte cinq personnes dont mon adjoint et moi-même), la décision a été prise immédiatement de tirer parti de l'informatique. J'étais résolu à ne pas externaliser ce travail - selon moi, l'inventaire et le récolement sont des missions clés du conservateur pour connaître les collections - et je m'en félicite tous les jours.
Sans délaisser la gestion et la médiation des collections, nous avons donc mené de front l'informatisation de l'inventaire, qui avait été engagé précédemment, et du récolement grâce à l'outil de gestion des collections acquis par mon prédécesseur. Pour un même objet, passer des informations relevant de l'inventaire à celles du récolement est ainsi particulièrement aisé. Cette souplesse nous a permis d'être efficaces une fois la bonne méthode mise au point.

Quelle est donc cette chaîne opératoire ?
Elle est simple mais quasi militaire ! Une saisie au kilomètre a été faite sur l'outil de gestion de collections à partir des registres d'inventaire anciens fusionnés en 1982, afin de créer un maximum de notices d'identification. Nous avons ensuite confronté ces informations aux objets eux-mêmes en bénéficiant des fonctionnalités de recherche de l'outil pour retrouver la fiche descriptive de chaque objet concerné. Chaque bien était ensuite marqué, photographié, rangé et éventuellement reconditionné. Sa fiche de récolement était complétée dans la foulée ; ce qui, pour les cas simples, ne prenait pas plus de cinq minutes.
Pour les objets non inventoriés et ne figurant donc pas dans la base, nous avons pris le parti de les récoler quand même et de créer une fiche informatisée avec un numéro d'inventaire rétrospectif. Nous avons préféré ne laisser aucun objet de côté, d'autant que cela ne concerne au final que 47 items.
Nous avons commencé par les collections les plus faciles : peintures et sculptures. Puis ce fut le tour des plaques photographiques et des objets ethnologiques. Les objets archéologiques appartiennent pour la plupart à la SHAL (Société Historique et Archéologique du Libournais) et n'entraient donc pas dans le périmètre de ce premier récolement ; ce dernier a néanmoins permis d'éclairer le statut juridique de ces objets. Le deuxième récolement permettra d'aller plus dans le détail.

Et quel est le bilan de l'informatisation de ce premier récolement ?
Pour le bilan comptable : 4.203 fiches informatisées dont 4.048 objets présents.
Le bilan qualitatif est multiple : il est lié étroitement à cette connaissance de la collection acquise très rapidement. Ce travail auprès des œuvres, pièce à pièce, apporte un repérage visuel et topographique très précieux. L'état sanitaire des collections est désormais très bien connu : cela m'aide à planifier les campagnes de restauration et à homogénéiser les interventions des restaurateurs.
Cette appréhension directe des objets est une aide quotidienne à la décision pour la gestion des collections. Cela me permet de moduler l'accrochage, de renforcer par de nouvelles acquisitions la période 1900-1930, déjà bien représentée dans les collections récolées, mais également d'"assainir" notre fonds, notamment par la mise en place d'une procédure de radiation pour une quarantaine d'objets indûment inscrits sur l'inventaire.
Bien sûr, la capacité de répondre instantanément aux questions des chercheurs et des éditeurs s'est aussi considérablement accrue grâce à la consultation de notre base de données qui est devenue l'outil de référence.

Concernant la base de données en tant qu'outil de travail, quels sont vos projets ?
La base de données du musée étant devenue la source d'information la plus fiable sur les collections, nous n'utilisons plus pour nos nouvelles acquisitions le registre d'inventaire manuscrit. Nous procèderons donc, grâce aux fonctionnalités réglementaires dont est doté notre logiciel de gestion de collections, à l'édition informatisée du registre d'inventaire pour les objets nouvellement inscrits.
En outre, grâce à l'acquisition d'un scanner haute performance, nous allons numériser nos dossiers d'œuvres pour les associer aux notices informatisées. L'information sera plus accessible et l'archivage de ces documents nous fera gagner de la place dans nos locaux.

Au titre de vos projets, comment envisagez-vous la valorisation de ces collections informatisées ?
Notre stratégie et nos supports de valorisation sont multiples. Nous allons continuer à diffuser les données du musée sur Joconde, la base nationale, mais aussi sur la Banque numérique du savoir d'Aquitaine, et la base du FRAM Aquitaine. La visibilité de nos collections sur le Net a notamment pour retombée directe une augmentation significative du nombre de demandes de prêt et nous faisons régulièrement appel au mécénat pour nos expositions temporaires.
In situ, certaines des œuvres que nous exposons sont équipées de flash codes qui permettent d'accéder à des compléments d'information réalisés en audio-description pour des publics mal voyants mais que nous avons mis en ligne pour tout un chacun. Nous avons aussi le projet d'installer, dans les salles du musée, une borne de consultation afin que nos visiteurs puissent avoir accès aux nombreuses collections qui ne peuvent être exposées.
Nous pourrons ainsi partager encore plus largement la connaissance fine des collections que ces quatre années d'inventaire - récolement intensif nous ont permis d'acquérir.

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 12:28

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Au mois de juin dernier, le cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg a reversé sur Joconde plus de 120 notices d'estampes de la Renaissance germanique. Les trois grands maîtres Hans Baldung Grien, Lucas Cranach le Vieux et Albrecht Dürer sont ainsi mis à l'honneur à travers ces notices illustrées fort bien documentées. L'équipe du musée nous en dit plus.

 

 

 

 

 

Dürer Albrecht, la Sainte Parenté, gravure sur bois, papier vergé,

1511, Strasbourg, cabinet des estampes et des dessins © Bertola

 

La ville de Strasbourg se dote d’une collection d’arts graphiques dès 1877, dans un mouvement parallèle et complémentaire de la reconstitution des collections de peintures détruites lors du siège de la ville en 1870. La fondation d’un Cabinet des Estampes et des Dessins, sur le modèle des Kupferstichkabinett est officialisée en 1898 par l’administration allemande à laquelle Strasbourg était alors subordonnée.

L’ensemble des notices récemment versées complète et parachève une campagne de valorisation passant par l’informatisation, la restauration et l’exposition en 2008 du fonds d’œuvres de la Renaissance germanique du Cabinet des Estampes et des Dessins, autour de la figure emblématique d’Albrecht Dürer et son atelier à Nuremberg.

Hans Baldung Grien, formé à Strasbourg et où il terminera sa carrière, est l’artiste rentrant le plus tôt dans les collections, puisque plusieurs de ses xylographies figurent dans la collection alsatique de Ferdinand Reiber. A la vente de sa collection en 1896, de nombreuses pièces furent acquises par les Musées de Strasbourg pour alimenter la collection du futur Cabinet des Estampes. Parmi celles-ci, plusieurs gravures sur bois de Baldung, mais également de nombreuses vues, cartes et plans de Strasbourg, qui constituent le socle du fonds documentaire de la collection.
Les gravures de Lucas Cranach entrent dans les collections plus tardivement, vers 1909, tandis que l’essentiel des gravures sur cuivre et sur bois de Dürer, dont la série complète de l’Apocalypse ainsi que les Meisterstiche ont enrichi les collections vers 1913.


Estampes de Hans Baldung Grien, de Lucas Cranach le Vieux et de Albrecht Dürer

Ce texte, fourni par Florian Siffer, fait également la une du mois de juillet du site Joconde.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 12:57

musee-savoisien-titre-copie-1.jpgLe musée savoisien de Chambéry, rattaché au conseil général de Savoie depuis 2012, conserve des collections (estimées à 70.000 éléments) à caractère régional, historique, archéologique et ethnographique. Le musée, qui fermera ses portes à l'automne 2014 pour d'importants travaux de rénovation, est engagé dans un vaste chantier des collections. C'est l'occasion de préparer leur déménagement et de les recenser en détails grâce à l'outil informatique et un travail d'équipe bien coordonné.

Sébastien Gosselin, directeur-adjoint du musée et Aurélia Kiffert, chargée du chantier des collections, ont accepté de répondre à nos questions.

 

 

Quels sont les grands principes du chantier des collections et comment articulez-vous sa coordination avec le récolement et l'informatisation des collections ?


Sébastien Gosselin (S.G.) : Le chantier des collections est très concret pour l'équipe du musée puisque son objectif principal est de rendre les collections déménageables mi 2015. Nous avons donc choisi de partir des objets et non de l'inventaire pour nous organiser. En effet, chaque pièce doit être identifiée, conditionnée, éventuellement traitée, marquée, récolée et photographiée. La prise en mains  des objets est assurée par cinq binômes composés d'un agent technique qui manipule, mesure, conditionne et d'un responsable scientifique qui répertorie les informations saisies dans un tableur bureautique. Il y a au maximum 3 binômes qui travaillent en même temps sur le chantier pour des raisons de place et de personnel. Seule la chargée de récolement se consacre entièrement au chantier, les autres personnels partagent leur emploi du temps sur d’autres missions (recherche, accueil…).
Les informations saisies dans ce tableau pourront à terme être migrées dans l'outil de gestion de collections muséales pour l'acquisition duquel le musée a ouvert un appel d'offres.

Aurélia Kiffert (A.K.) : Dans un second temps, la bibliothécaire et la documentaliste-recherche vérifient la conformité de la description du bien avec les registres d'inventaire. Ces registres d'inventaire manuscrits ont fait l'objet d'une saisie, également sous tableur, externalisée chez un prestataire étranger. Il peut y avoir eu des erreurs dans la lecture des écritures anciennes ; en ce cas, les documentalistes peuvent se reporter à la copie numérique ou papier (selon les cas) des inventaires.

S.G. : Il faut préciser que ces inventaires papier répertorient les collections des trois musées de Chambéry : le musée des beaux-arts, le musée savoisien et les Charmettes, maison de Jean-Jacques Rousseau. Ils reflètent donc l'époque à laquelle le musée savoisien était encore géré par la ville. Or, depuis 1863, les collections peuvent être propriété de la ville ou du conseil général. En conséquence, nous travaillons à la définition du statut et à la répartition des collections entre les trois musées. Cette situation explique que le récolement ait été entrepris avec des collections dont le statut est le moins sujet à discussion : les collections archéologiques.
L'organisation du chantier des collections a commencé par la constitution de l'équipe composée de 5 responsables scientifiques et de deux documentalistes qui a travaillé à la rédaction d'un protocole et d'une charte de saisie à partir de janvier 2012. Ce processus a abouti au lancement du chantier proprement dit mi juillet 2012.


Comment ce travail collectif se coordonne-t-il ?

A.K. : La méthode retenue est la suivante : chaque binôme enrichit un tableau avec les informations relevées sur les objets. Chaque tableau est constitué de 58 colonnes adaptées à différents types de collections ; elles ne sont donc remplies qu'en fonction de leur pertinence pour les objets et selon l'information disponible. Notre service informatique nous a conseillés de subdiviser les colonnes et les lignes pour que les données et les occurrences - ainsi séparées - soient plus facilement identifiées et que la future migration vers un outil de gestion de collections soit simplifiée. [Lire à ce sujet le dossier méthodologique sur le pilotage de la reprise des données. Note du BDNC].
Les objets, une fois observés et informatisés, sont rangés dans un bac afin d'être marqués, photographiés et dûment récolés. Chacune de ces étapes constitue un très précieux filtre de vérification des informations par des professionnels différents.
Les objets sont tous marqués, sauf ceux qui sont trop petits ou fragiles. Etant donné nos contraintes, nous ne pouvions envisager d'y procéder dans un second temps. Tous les agents ont été formés au marquage.
Chaque objet est photographié par la photographe du musée, en haute-définition, sous un format TIFF n'excédant pas 30 Mo, accompagné d'une mire et du numéro d'inventaire. La photographe prend un cliché pour chaque objet en deux dimensions ou pour des objets simples comme les tessons archéologiques ; les objets en trois dimensions ont deux photographies pour un meilleur rendu du volume.
Pour l'étape finale du récolement, les documentalistes travaillent sur un tableur compilant les différents fichiers des binômes.

S.G. : Environ mille fiches sont ainsi saisies chaque mois. Fin 2014, l'organisation sera plus intensive puisque le musée fermera pour travaux.
Pour le moment, notre protocole et notre charte de saisie sont constamment affinés notamment grâce à une réunion hebdomadaire qui permet à l'équipe de discuter de la logistique comme de la terminologie adoptées.

A.K. : Lors de ces réunions, nous discutons des points problématiques et du choix des nouveaux termes qui enrichissent nos listes de matériaux et techniques par exemple. L'introduction de nouveaux termes est rendue impossible dans les tableurs lors de la saisie. Nous devons les valider en équipe. Nous tentons de trouver des termes transversaux à l'archéologie et à l'ethnologie par ce dialogue permanent.

S.G. : Pour les domaines, nous avons eu recours avec un certain succès à la liste RAMEAU [Répertoire d'autorité-matière encyclopédique et alphabétique unifié, langage documentaire d'indexation matière utilisé par la BnF. Note du BDNC]. Les listes seront importées dans le futur outil de gestion de collections.


Pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouvel équipement ?

S.G. : Après une enquête préalable auprès de onze  musées en France ainsi qu'à Turin (Palazzo Madama) et Genève (Musée d'art et d'histoire)  nous avons participé au cahier des charges pour l'appel d'offres qui sera clôt à la fin de l'été. L'appel d'offres est composé de trois lots : les collections, la documentation et les photographies. Nous misons beaucoup sur l'intéropérabilité de ce futur système.
D'ici un an ou deux, nous espérons bien pouvoir publier massivement les collections du Musée Savosien sur Joconde et aussi via une politique de valorisation départementale. Nous avons ainsi veillé à ce que le futur outil autorise le moissonnage, ce qui permettra d'abonder un possible portail du pays de Savoie, commun, pourquoi pas, aux archives départementales.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 07:18

rodez.jpgSophie Serra, responsable du musée Denys-Puech à Rodez, nous fait part de son expérience d'informatisation conjointe de l'inventaire et du récolement des collections, en l'absence d'inventaire réglementaire exhaustif. Désormais identifiées et documentées, les collections sont progressivement publiées sur Joconde.

 

Viala Eugène, Jardin de Sainte-Anne, aquarelle,

Rodez, musée Denys-Puech, © musée Denys-Puech

 

Comment avez-vous démarré votre projet d'informatisation et quelles en ont été les sources ?
L'informatisation des collections du musée Puech a commencé en 2006 avec l'achat d'un logiciel spécialisé dans la gestion de collections muséales. Si la collection du musée est assez petite - environ 1300 oeuvres, essentiellement sculptures, peintures et arts graphiques - il fut malgré tout indispensable d'harmoniser les différents inventaires. En effet, nous avons été confrontés à une très grande hétérogénéité des sources papier : plusieurs vieux inventaires - contradictoires - pour les collections anciennes, un registre d'inventaire incomplet et difficilement lisible revu de 1953 à 1963, un inventaire rétrospectif synthétique de 1988 dit "catalogue Bousquet", un catalogue raisonné de 1993 et les dossiers d'œuvres avec beaucoup d'informations "en vrac".
L'analyse de ces sources fut édifiante : pas d’inventaire en règle, peu d’œuvres pourvues de numéros d’inventaire "orthodoxes", pas de localisation des œuvres, beaucoup d’œuvres non inscrites à l’inventaire… L'inventaire des collections n'était ni exhaustif, ni à jour.

Quelle a été alors votre stratégie ?
Nous avons immédiatement décidé de mener de front l’inventaire et le récolement sous une forme numérique. Cela ne représentait pas un surcroît de travail énorme car chaque œuvre devait de toute façon être mesurée et bénéficier d’un constat d’état. C’était même une occasion unique de se lancer dans la numérisation en ajoutant simplement le temps de la prise de vue. S'ouvrait aussi la possibilité de faire évoluer les fiches d’objets au gré de nos découvertes et d’intégrer toutes les informations collectées petit à petit dans des dossiers anciens. Nous n’aurions jamais eu une aussi grande souplesse avec une procédure papier.
Au-delà de l’inventaire réglementaire, la constitution d'une base de données évolutive sur les collections avait plusieurs objectifs : faciliter l’accessibilité des données en interne puisque la base est partagée pour toute l’équipe du musée ; mais aussi s'ouvrir sur l'extérieur en participant aux bases de données consultables sur internet (Joconde, site Midi-Pyrénées) et en répondant aisément aux différentes demandes d’informations sur les collections émanant d’étudiants, de chercheurs et de conservateurs.

Comment votre équipe s'est-elle organisée concrètement ?
L'informatisation de l'inventaire et du récolement s'est déroulée en interne, sur plusieurs années car notre petite équipe n'a jamais compté plus de 8 personnes (nous ne sommes plus que 6 actuellement) dont 3 gardiens. Un agent supplémentaire a été récruté sur un contrat à durée déterminée et a travaillé en binôme avec un agent du musée. Trois personnes peuvent intervenir sur la base : deux agents de récolement et le conservateur.
Un agent du musée s’est chargé des prises de vues : face et revers pour les peintures, quatre angles pour sculptures, détails pour les signatures ou les éléments remarquables. Une formation au logiciel de gestion des collections a été suivie par les deux agents directement chargés de l’inventaire et moi-même. Chose indispensable : une copie de sécurité journalière est faite sur un serveur extérieur en mairie.
Il faut souligner aussi que l'équipe ne pouvait se consacrer exclusivement à l’inventaire et au récolement, ces tâches n’étant malheureusement jamais prioritaires par rapport à l’événementiel (expositions, animations…). La campagne n'a donc pas été menée en continu et a pris six ans au lieu des deux initialement prévus.

Quels ont été les principes retenus pour la saisie des données ?
L'ensemble des informations disponibles dans les sources papier a été rassemblé dans des fiches informatisées provisoires (l'objet était mentionné "non localisé" par défaut). Le récolement a été mené en parallèle, directement à partir des objets, en salle puis en réserve. Les informations du récolement étaient confrontées à celles de la fiche informatisée : soit une correspondance était trouvée et l’objet pouvait être localisé, considéré comme récolé-vu et inventorié ; soit une nouvelle fiche était constituée avec un numéro 2006.0 en attente d’identification.
Nous avons fait le choix de ne pas documenter certains champs (Indexation, conditions de création, fiches artistes…). Nous y revenons, comme prévu, une fois que l’inventaire et le récolement sont terminés, notamment pour faciliter le passage sur la base Joconde.

Avec le recul, quelles sont pour vous les clés de la réussite ?
Qu'au moins une personne se consacre exclusivement à l’informatisation. Pour ne pas perdre de temps, cette personne doit être dotée d'une formation de base en histoire de l’art (ou archéologie, ou histoire… en fonction de la nature des collections) et connaître les règles de l’inventaire. A mon sens, il n'est pas nécessaire de connaitre bien le logiciel ; la prise en main peut être rapide et accessible à tous.

Quelle est maintenant l'utilisation de votre base de données ?
Après nous avoir permis de mener à bien le récolement, la base offre à l'équipe un accès partagé quotidien : tous les postes sont équipés mais seuls les trois contributeurs peuvent modifier les fiches. Cela facilite l’accès à la connaissance des collections par toute l’équipe, y compris les agents qui ne travaillent pas directement sur les œuvres. Nous avons mis au point un modèle de fiche pour la diffusion des informations aux étudiants, chercheurs, conservateurs… Cela a été long mais fonctionne désormais très bien : cinq agents sur six s'en servent régulièrement.
Un travail de vérification de la base de données et de mise en cohérence avec les dossiers d'œuvres est également mené, notamment pour compléter les données juridiques manquantes. Cela nous permettra d'éditer le procès-verbal de récolement et d'assurer l’édition papier des registres  d’inventaire informatisés.
En plus de cela, nous publions désormais les collections de notre base de données sur Joconde. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du musée et de ses collections puisque le musée ne bénéficie pas de son propre site Internet.

Quels sont les partis retenus pour publier vos collections récolées sur Joconde ?
Le récolement et l’inventaire ont été considérés comme prioritaires. Des « tests de publication » ont cependant été réalisés dans le courant 2012 alors que le récolement n’était pas encore terminé. La publication devrait s’accélérer en 2013 puisque les opérations d'inventaire et de récolement sont terminées. Au vu de la petite dimension de l’équipe (5 ETP), les contraintes liées à l’organisation des expositions ont bien entendu ralenti encore la publication.
Nous possédons une stratégie indicative de publication : celle du reversement en fonction du type de collections et des auteurs que nous souhaitons mettre en exergue. [Le musée Denys-Puech a ainsi d'ores et déjà publié les fonds de peintures et d'arts graphiques des artistes Maurice Bompard et Eugène Viala. Note du bureau de la diffusion numérique].

Quelles contraintes avez-vous rencontrées ? Comment les avez-vous surmontées ?
Le test d’export de notices a fait apparaître la nécessité de renseigner le champ crédit photos, il a donc été nécessaire de renseigner le nom du photographe privé sur certaines notices. Cela a été réalisé par une opération de modification par lot, procédure classique du logiciel qui a été effectuée sans soucis. Le délai entre l’export des notices et leur publication sur Joconde peut apparaître également comme une contrainte dans l’organisation du suivi du travail de diffusion. [Ce délai est imputable à la lourde charge de travail des deux responsables de la mise en ligne des collections sur la base Joconde. Note du bureau de la diffusion numérique des collections]

Qu'est-ce que vous a apporté cette publication ?
Nous avons déjà des demandes de prêts pour des expositions liées à la publication sur Joconde. Certaines des œuvres prêtées ont pu bénéficier de restaurations. N’ayant jamais été publiées, elles n’étaient pas connues et n’auraient sans doute pas été demandées si elles n’avaient pas été présentes sur Joconde.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 08:14

chartreuse-2009Anne Labourdette, conservatrice et directrice du musée de la Chartreuse à Douai, nous a accordé un entretien dans lequel elle revient sur la valorisation du récolement décennal via Joconde et sur les projets de l'association régionale des conservateurs des musées de Nord-Pas-de-Calais en matière d'informatisation et de mise en ligne des collections.

 

 


© Musée de la Chartreuse de Douai, 2009, B Gully

 

Vous avez récemment coordonné la mise en ligne sur Joconde de l'exposition virtuelle "Découvertes dues au récolement décennal au musée de la Chartreuse" : que représente pour vous cette mise en ligne ?
Il s'agit de valoriser le récolement décennal des collections et de mettre en lumière la réalité du terrain à laquelle sont confrontés les musées. Cette opération de longue haleine, objet d'un travail souterrain, est souvent méconnue des publics ou des institutions. Pour nous, personnels scientifiques, le récolement est un chantier fondamental pour acquérir et consolider une connaissance parfaite des collections muséales qui nous sont confiées. Le défi est de mener à bien cette mission d'étude et de vérification en parallèle à toutes les autres activités du musée.
Pour le musée de la Chartreuse à Douai, publier les découvertes issues du récolement sur Joconde est allé de soi, suite à la proposition du bureau de la diffusion numérique des collections. En effet, cette exposition virtuelle répond à deux nécessités récurrentes : celle d'informer le public et celle de fournir aux élus locaux des données quantitatives et qualitatives sur les collections. De façon très légitime, les collectivités territoriales qui sont propriétaires de ces biens culturels et l'Etat, représenté par la Direction régionale des affaires culturelles qui nous apporte un grand soutien, estiment que nous leur sommes redevables de ces informations capitales : qu'avons-nous ? que n'avons-nous plus ? et pourquoi ?

En effet, vous mettez l'accent dans cette exposition virtuelle sur le grand nombre d'objets détruits ou disparus. Comment avez-vous pu documenter cette situation ?
Les collections du musée de la Chartreuse ont connu de grands bouleversements, notamment du fait des deux guerres mondiales. Il s'agit d'une réalité partagée par de nombreux musées de la région Nord-Pas-de-Calais. En outre, il faut savoir que plus de 85 % des œuvres du musée de la Chartreuse sont en réserves. Leur identification et leur étude sont difficiles. Elles n'ont pas toutes fait l'objet de restauration, même si des campagnes de récolement ont eu lieu dès les années 1980. Les opérations de récolement actuelles nous mettent face à un incessant questionnement et nous mettons tous les jours notre plan de récolement décennal à l'épreuve de cet héritage du passé.
De façon assez extraordinaire, les archives du musée de la Chartreuse, et particulièrement les précieux inventaires des collections, sont parvenus jusqu'à nous, quasi intacts. Sans doute, nos prédécesseurs, conscients de l'importance de leur sauvegarde, les ont conservés dans des bureaux occupant une autre partie des bâtiments. Nous pouvons donc croiser les informations et remettre en perspective les sources documentaires afin de tirer les conclusions qui s'imposent sur nos collections, au fil du récolement, domaine par domaine.
Ces inventaires papier font l'objet d'une saisie exhaustive dans la base de données qui a été entreprise par mes prédecesseurs, et notamment Françoise Baligand, à qui je rends personnellement hommage. Je m'y attelle personnellement chaque année au mois d'août lorsque l'actualité professionnelle est plus calme. Ainsi, une large part des registres a pu être saisie par l'équipe et la question de faire appel à un prestataire de saisie externalisée ne s'est pas posée, notamment en raison du surcroît de travail qu'auraient représenté pour nous son recrutement et son encadrement.

Sur quel format de notice avez-vous décidé d'axer cette saisie en masse ?
Pour que ce ne soit pas trop fastidieux, nous avons opté pour une saisie succincte, domaine par domaine, ce qui permet de suivre l'avancement des campagnes de récolement. Ce travail est facilité par la bonne tenue des registres, la qualité et la complétude des dossiers d'œuvres qu'avaient organisés mes prédécesseurs. Jusqu’à 2008, le parti pris était de ne conserver que des notices minimales. Aujourd’hui, j’essaie de les enrichir systématiquement (description, provenance, état, etc), mais un travail d’importance nous attend à ce sujet.
Quoi qu'il en soit, la saisie des collections de beaux-arts et d'archéologie est achevée. Nous allons pouvoir communiquer à la Drac les procès-verbaux des campagnes de récolement d'archéologie et de dessin au mois d'avril et reverser dans la foulée sur Joconde les œuvres récolées.

A ce sujet, quelle est la stratégie de mise en ligne des collections par votre musée et ceux de la région?
Musenor, le site de l'association des conservateurs des musées de Nord-Pas-de-Calais met en œuvre depuis 1999 une base de données régionale. En tant que membre du conseil d’administration de cette association, je suis chargée avec ma collègue Célia Fleury (responsable du développement des musées thématiques, Conseil général Nord-Pas de Calais, Direction de l’Action Culturelle) de superviser le travail mené sur la base régionale. Avec la webmestre de Musenor, nous avons décidé de donner un nouveau souffle au partenariat qu'entretiennent de longue date Musenor et Joconde. Nous réunissons à la fin du mois de mars nos collègues afin de bâtir ensemble un calendrier de reversements couplés sur les bases régionale et nationale. Nous ferons valider ce programme par le bureau de la diffusion numérique des collections. Quoi qu'il en soit, les musées du Nord-Pas-de-Calais et les responsables Joconde auront une seule interlocutrice : la webmestre de Musenor qui gèrera les exports de données. En ce qui concerne le musée de la Chartreuse, j'envisage un versement mensuel.

Quels sont vos autres projets régionaux en faveur des collections en ligne ?
Le projet Guerres et Paix de l'association s'accompagnera sur Musenor d'une mise en ligne rationnalisée des œuvres disparues dans le contexte de la Première guerre mondiale. Cela va nous mobiliser jusqu'en 2018 et au delà pour les autres conflits.
Dans un premier temps, nous souhaitons mettre en ligne en 2014 tous les objets ou œuvres liés à la première guerre mondiale et conservés dans les musées du Nord-Pas-de-Calais. En 2018, nous souhaiterions que tous les objets ou œuvres liés à la thématique générale « Guerres et Paix » soient accessibles aux internautes.
Enfin, nous réfléchissons en ce moment à la création d’une entrée spécifique sur la base présentant les œuvres disparues des musées de la région pendant les guerres, car certaines d’entre elles sont bien documentées.
Enfin, suite à la suggestion de Laurent Manœuvre, chef du bureau de la diffusion numérique des collections, nous allons investir les réseaux sociaux pour proposer une interface d'indexation collaborative, à l'image de ce que font plusieurs centres d'archives départementales. Les propositions de contribution des internautes sur nos corpus mal identifiés seront modérées par notre webmestre. Cela devrait être effectif fin 2013.

Quelle idée force retenez-vous de l'expérience que vous avez capitalisée en matière d'informatisation et de publication des collections ?
Ce que je retiens est qu'on ne peut avancer sans une équipe soudée, dont les tâches sont bien identifiées et réparties. Pour pouvoir mobiliser cette équipe, l'appui de la hiérarchie et des élus s'avère indispensable. Cela s'acquiert en communiquant inlassablement sur les projets et les enjeux du musée. Le relais officiel que nous permet le portail Joconde augmente encore cette visibilité.


En savoir plus sur le musée de la Chartreuse
En savoir plus sur le récolement du musée de la Chartreuse

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 09:01

     chartreuse-2009.jpg

Expérience inédite sur Joconde : une nouvelle exposition virtuelle témoigne du grand intérêt qu'ont représenté, pour le musée, les opérations de récolement décennal.

 

 

 

 

© le musée de la Chartreuse de Douai, 2009, B Gully


Cette procédure réglementaire, vouée à vérifier la présence et l'état des collections muséales, a permis aux équipes scientifiques de s'approprier en profondeur l'histoire mouvementée du musée et d'initier une stratégie de publication des œuvres disparues en Nord-Pas-de Calais, notamment sur la base Musenor.

Dans le sillage de la journée nationale sur le récolement décennal, Anne Labourdette, directrice du musée de la Chartreuse de Douai, a confié à Mathilde Huet, co-responsable de Joconde, le soin de mettre en ligne et en images ses conclusions sur le récolement dans son établissement :
"Constituées à partir de 1792 par des saisies révolutionnaires, les collections du musée de Douai présentent une histoire riche et complexe.
Les acquisitions réalisées en 200 ans d'existence ont bien entendu été conséquentes alors que, dans le même temps, de nombreuses œuvres disparaissaient : ventes aux enchères au 19e siècle, vols (1890, 1901 et 1917-1918) et destructions (entre 1940 et 1944).
Du fait de cette histoire mouvementée, le musée de la Chartreuse a connu plusieurs opérations successives de récolement mais c’est le plan décennal, approuvé par la commission scientifique du 4 septembre 2008, qui a permis de valider la méthode actuellement en cours. Cette dernière est fondée sur un récolement d’inventaire domaine après domaine.
Actuellement, trois campagnes sur neuf ont été achevées et ont permis de constater que : 472 peintures, 386 dessins et plus de 3000 objets archéologiques sont manquants, tout en étant pour la plupart bien documentés (présence de photographies d’époque, des pièces relatives aux acquisitions des œuvres, etc)."

L'objectif de cette valorisation est aussi de proposer une nouvelle approche de la procédure réglementaire du récolement décennal : au plus près des collections, des préoccupations des professionnels et des publics.

Nous espérons que ce retour d'expérience fera des émules ! N'hésitez pas à commenter cet article et à nous contacter.

Visiter l'exposition
Plus d'information sur le récolement au musée de la Chartreuse de Douai.

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